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Boris Johnson hué en Ecosse : le Royaume désuni sur le Brexit

Boris Johnson hué en Ecosse : le Royaume désuni sur le Brexit
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Duncan McGlynn/Pool via REUTERS
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La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a accusé le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, en visite officielle en Ecosse, de vouloir un Brexit sans accord, alors que cette perspective déchire le Royaume-Uni.

"Après mes discussions avec Boris Johnson, derrière tout le bluff et la fanfaronnade, je pense que la voie choisie par ce gouvernement est dangereuse. Il m'est apparu clair que ce gouvernement et que le nouveau Premier ministre ont mis le Royaume-Uni sur la voie presque inévitable d'un Brexit sans accord. La position adoptée rend très difficile la conclusion d'un accord avec l'UE, ce qui serait catastrophique pour l'Ecosse et même pour l'ensemble du Royaume-Uni", a décrété Nicola Sturgeon, dont la région a voté pour rester dans l'Union européenne lors du référendum de 2016.

"Je pense que s'il était dans cette pièce en ce moment, il le nierait avec véhémence, mais je pense qu'il veut un Brexit sans accord", a-t-elle déclaré après s'être entretenue avec Boris Johnson à Edimbourg, jugeant sa stratégie sur le Brexit volontairement "très dure" afin d'être "vouée à l'échec".

Boris Johnson dit vouloir renégocier l'accord de Brexit, ce que l'Union européenne exclut. S'il échoue, il a affirmé que son pays quitterait l'Union européenne le 31 octobre, accord ou pas.

Voyant le Brexit comme "une énorme opportunité économique", M. Johnson a annoncé lundi de nouveaux investissements de 332 millions d'euros en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord.

Selon un communiqué, sa ministre au Commerce international, Elizabeth Truss, a aussi rencontré lundi l'ambassadeur américain à Londres pour "discuter de l'accélération" d'un accord de libre-échange post-Brexit entre Washington et Londres.

Des divisions à la désunion ?

Après le nord de l'Angleterre le week-end dernier, l'Ecosse était la deuxième étape d'une tournée qui doit conduire Boris Johnson au Pays de Galles et en Irlande du Nord, afin de tenter d'obtenir des soutiens sur le Brexit et de donner tort à ceux qui agitent la menace d'une dissolution de l'union.

Les Ecossais se sont déjà prononcés sur l'indépendance de leur nation en septembre 2014, et le "non" l'avait emporté à 55%. Mais c'était avant la décision du Brexit. Nicola Sturgeon, qui dirige aussi le parti séparatiste SNP, a récemment averti que le Parlement écossais pourrait légiférer dans les prochains mois sur un vote pour quitter le Royaume-Uni.

De son côté, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a prévenu qu'un Brexit sans accord pourrait stimuler un désir de réunification entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

"Nous discutons avec les Irlandais aujourd'hui de ce que nous voulons faire", a assuré lundi Boris Johnson, avant d'ajouter : "Nous sommes très confiants qu'avec de la bonne volonté des deux côtés, deux entités politiques matures, le Royaume-Uni et l'Union européenne, pourront parvenir" à trouver un accord.

Un geste de l'UE ?

Le Premier ministre britannique, qui a pris ses fonctions la semaine dernière, a fait savoir lundi qu'il attendait un geste des Européens en faveur de la réouverture des négociations sur le Brexit.

Boris Johnson "veut évidemment rencontrer les dirigeants européens et négocier mais pas pour qu'on (...) lui dise que l'UE ne peut pas réexaminer l'accord de retrait", a déclaré plus tôt dans la journée une porte-parole du Premier ministre.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont tous deux invité Boris Johnson à leur rendre visite, mais ce dernier n'a pas annoncé de voyage à l'étranger avant le sommet du G7 fin août en France.

L'Union européenne a elle prévenu Boris Johnson que ses demandes de renégocier l'accord noué par l'ex-Première ministre Theresa May étaient "inacceptables".

"Il y a une très bonne chance que nous puissions obtenir un accord et c'est ce que nous visons", continue pourtant d'affirmer Boris Johnson.