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Brexit : le "backstop" irlandais expliqué en 90 secondes

Des manifestants réclamant le maintien de la libre circulation de part et d'autre de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord (18/04/2019)
Des manifestants réclamant le maintien de la libre circulation de part et d'autre de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord (18/04/2019) -
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Pourquoi faire compliqué, quand c'est compliqué ? C'est en substance la problématique du "backstop irlandais".

Dans le lexique du Brexit, le "backstop" occupe une place centrale. Ce "filet de sécurité", en vf, est une une assurance contre le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.

La mise en place du backstop est la principale pierre d'achoppement entre Londres et Bruxelles. Les partisans d'un Brexit dur, le Premier ministre Boris Johnson en tête, n'en veulent pas, car ces derniers considèrent que ce dispositif impliquerait le maintien d'une union tacite avec l'UE.

A l'inverse, pour les partisans du backstop, le rétablissent d'une frontière physique entre les deux Irlande rimerait avec un retour en arrière, fragilisant les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à pratiquement 30 ans de conflit meurtrier.

Durant les trois décennies des "Troubles", environ 3 600 personnes ont été tuées et la frontière était fortement militarisée. Mais depuis la signature des Accords du Vendredi saint, les 499 km séparant les deux entités irlandaises ne sont plus entravés.

Quelle menace fait alors peser le Brexit ?

Le Brexit aura lieu, en théorie, le 31 octobre prochain. A cette date, le Royaume-Uni ne sera plus membre de l'Union européenne. L’Irlande du Nord, composante du Royaume-Uni, quittera donc elle aussi l'espace communautaire. Pour sa voisine, la République d'Irlande, rien ne change : elle demeure un pays membre de l'UE à part entière. Si aucune solution n'est trouvée, la libre circulation des personnes et des marchandises prendrait fin, tout devrait être contrôlé.

La question pour les négociateurs des deux camps, Royaume-Uni et Union européenne, était de tenter de trouver un dispositif pour effectuer ces contrôles sans la mise en place d'infrastructures douanières. Aucun consensus n'ayant vu le jour, les négociations sont au point mort. Et la crainte d'une remise en cause des accords de paix refait surface.

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Vue depuis un ancien poste-frontière en Irlande du Nord, le 9 juillet 2019REUTERS/Clodagh Kilcoyne

Une frontière physique, une entrave pour l'économie irlandaise ?

Le ministère nord-irlandais de l'Economie a estimé, dans un rapport de septembre 2018 basé sur des données de téléphonie mobile, que 105 millions de personnes traversent la frontière chaque année. En moyenne, 60,8 millions de résidents d'Irlande du Nord se rendent en République d'Irlande et 44,5 millions de résidents irlandais font le voyage en Irlande du Nord. Environ 290 000 personnes traversent la frontière chaque jour, en semaine, et 285 000 le font le week-end.

La frontière est franchie dans les deux sens chaque année par 72 millions de véhicules, selon l'Agence de statistiques et de recherche de l'Irlande du Nord.

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Un camion en provenance de la République d'Irlande arrêté par les douanes nord-irlandaises, le 30 mars 2019REUTERS/Clodagh Kilcoyne

La République d'Irlande est le principal partenaire commercial de l'Irlande du Nord tant pour les importations que pour les exportations. Ainsi en mai 2019, la République d'Irlande a exporté vers l'Irlande du Nord un total de 169 millions d'euros de biens, selon l'Office central de statistiques de la République d'Irlande. Et ce même mois, Dublin a importé l'équivalent de 123 millions d'euros de marchandises en provenance d'Irlande du Nord.

Bref, c'est un véritable casse-tête !