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Fonte des glaciers et feux en Amazonie : le point sur le climat avec Copernicus

Fonte des glaciers et feux en Amazonie : le point sur le climat avec Copernicus
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À l'échelle mondiale, nous avons vécu le deuxième mois d'août le plus chaud jamais enregistré avec des températures supérieures de 1,2 degrés par rapport à la moyenne de l'ère préindustrielle. C'est l'enseignement que l'on peut tirer des dernières données du service de Copernicus dédié au changement climatique.

Il a fait plus sec que d'habitude en Péninsule Ibérique, en France, au Benelux, en Allemagne et Pologne.

On peut le voir sur la carte délivrée par le service européen qui présente les anomalies en matière d'humidité des sols en août. Ainsi, au Canada, il y a eu bien plus d'humidité que la normale tandis qu'ici en Sibérie, c'était plus sec que la moyenne.

Cette sécheresse a contribué aux incendies encore en cours sur place. Dans le même temps, ceux qui ont ravagé l'Amazonie ont eux aussi fait la une de l'actualité.

Feux de forêt en Amazonie : "Un rejet net de carbone sous la forme de CO2"

Mais quel impact à long terme auront-ils réellement sur le climat ? Nous avons posé la question au professeur Martin Wooster, spécialiste du lien entre feux de forêt et climat.

"Quand on brûle la forêt, on remplace quelque chose qui stocke beaucoup de carbone au mètre carré par des pâturages ou des champs cultivés qui en stockent beaucoup moins," explique le professeur de sciences de l'observation terrestre au King's College de Londres.

"On aboutit à un rejet net de carbone dans l'atmosphère sous la forme de CO2 qui est le principal moteur du changement climatique : c'est pour cela que ces feux peuvent avoir un effet sur le changement climatique ou du moins, c'est comme cela qu'ils agissent essentiellement," précise Martin Wooster.

Du côté des sept indicateurs du climat mondial, on constate que se dégagent les tendances à long terme d'une planète qui se réchauffe avec l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre et la montée du niveau des océans.

Et l'un de ces indicateurs, ce sont les glaciers.

Sur un graphique fourni par le service Copernicus, on peut voir la perte de masse d'un groupe représentatif de glaciers depuis la fin des années 50.

"Le glacier de la Plaine Morte en Suisse a perdu 50 mètres de hauteur en trente ans"

Mais comment établit-on que les glaciers disparaissent ? Et quelle est la situation sur le terrain en Europe ? Pour le savoir, nous nous rendons en Suisse.

À trois mille mètres d'altitude, bien au-dessus de la station de ski de Crans Montana, ces scientifiques de Zürich viennent réaliser un contrôle de routine sur leur équipement d'analyse du glacier.

"Nous sommes sur le glacier de la Plaine Morte qui est plutôt grand pour la Suisse, mais il est surtout très particulier," décrit Matthias Huss, glaciologue de l'ETH Zürich, sur place. "C'est un plateau, il ressemble à une immense baignoire, il n'a pas de langue glaciaire, il est plat," précise-t-il.

Comme tous ses homologues alpins, ce glacier rétrécit : il a perdu près de 50 mètres de hauteur au cours des trente dernières années.

Les glaciologues utilisent un système de piquets simple et fiable pour mesurer la fonte de la glace. "Donc, je viens de mesurer avec le piquet, la quantité de glace que nous avons perdue à cet endroit depuis octobre dernier et depuis, on a perdu environ un mètre quarante. La surface de glace se trouvait ici et elle s'est abaissée à ce niveau en dix-onze mois," indique Matthias Huss. "L'écart ne paraît pas extrême, mais en réalité, nous sommes dans la partie supérieure d'un glacier, donc c'est une zone qui devrait être couverte de neige actuellement et où le glacier devrait gagner en masse, mais cette année et en fait, chaque année depuis dix ans, on voit que le glacier a perdu de la masse," dit-il.

D'ici 2100, au moins deux tiers des glaciers alpins devraient disparaître

Partout, on entend l'eau s'écouler. La raison : il fait tout simplement trop chaud de nos jours...

"Les chutes de neige ont été importantes, cela fait deux hivers qu'elles atteignent des quantités énormes : sur la partie haute du glacier, on a eu plus de 5 mètres de neige en avril et mai," déclare le glaciologue avant d'ajouter : "Donc on aurait pu penser qu'elles allaient suffire au final pour que le glacier reprenne de la masse, mais cela n'a pas été le cas : les températures de l'été ont été tellement élevées que tout a fondu et aujourd'hui, la glace fond et le glacier perd de la masse."

Plus de 500 glaciers suisses ont disparu depuis 1850. D'après les prévisions, d'ici la fin du siècle, au moins deux tiers des glaciers des Alpes devraient subir le même sort.