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Viktor Orban reçoit Poutine et défend le dialogue Budapest-Moscou

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a défendu mercredi ses nombreux échanges avec le dirigeant russe Vladimir Poutine, allié de circonstance qu'il a de nouveau reçu à Budapest pour renforcer la coopération économique et politique au risque d'irriter les diplomaties occidentales.

Au pouvoir depuis 2010, Vikor Orban a rencontré le président russe en tête-à-tête une dizaine de fois et l'avait reçu à deux reprises en 2017, provoquant l'indignation de l'opposition hongroise qui dénonce sa complaisance envers un "autocrate".

En 2014, le Premier ministre souverainiste, régulièrement épinglé par ses alliés occidentaux pour ses penchants autoritaires, avait cité la Russie comme modèle, préférant un "Etat non libéral" à une démocratie libérale.

Cette "coopération politique est basée sur un simple fait géographique" qui tient à la place de Budapest au centre d'un "triangle Berlin-Moscou-Istanbul", a justifié Viktor Orban lors d'une conférence de presse aux côtés de Vladimir Poutine.

"La Hongrie est membre de l'OTAN et de l'UE, et le restera, mais cela n'exclut pas que, sur certaines questions, nous nous engagions dans une coopération avec la Russie, (...) nous continuerons à faire", a-t-il ajouté.

Pour autant, "nous voulons être indépendants et souverains", a précisé le dirigeant hongrois, mentionnant le secteur de l'énergie. M. Orban a indiqué mercredi qu'il "souhaiterait avoir d'autres sources" que la Russie qui livre 80% du pétrole et 70% du gaz consommé par les Hongrois.

La Russie et la Hongrie ont également signé en 2014, sans appel d'offres, un accord portant sur l'agrandissement de l'unique centrale nucléaire hongroise, à Paks, qui fournit 40% de l'électricité utilisée en Hongrie.

Relation "asymétrique"

Jugeant que le "centre de gravité de l'économie mondiale bascule d'Ouest en Est, de l'Atlantique au Pacifique", M. Orban a décrété en 2014 "l'ouverture à l'Est" de son pays de 9,8 millions d'habitants, membre de l'Union européenne et de l'espace Schengen.

"Il se présente comme un pont entre l'Est et l'Ouest, mais derrière cet affichage, les éléments prouvant le caractère asymétrique de la relation se multiplient", a expliqué à l'AFP Peter Kreko, directeur du think tank Political Capital.

Le mois dernier, une banque suspectée par les États-Unis d'être une branche des services secrets russes s'est installée à Budapest. En septembre 2018, la presse hongroise a aussi révélé que le fils du chef des renseignements extérieurs russes avait obtenu un visa Schengen depuis Budapest.

Être reçu à Budapest permet au président russe de "montrer qu'en dépit des tensions avec l'Ouest", à cause du conflit en Ukraine notamment, "il y a encore un pays membre de l'Otan où il peut être régulièrement reçu", estime l'analyste Andras Racz, spécialiste de la Russie au groupe allemand de réflexions sur les relations internationales (DGAP).

Pour Viktor Orban, il s'agirait de prouver à son électorat qu'il est un leader écouté, "puisque même M. Poutine le rencontre régulièrement en bilatéral", estime M. Racz.

Son tropisme diplomatique oriental - il reçoit également le président turc Recep Tayyip Erdogan le 7 novembre - a rendu Viktor Orban de plus en plus perméable aux intérêts russes, chinois et turcs, selon les États-Unis. En février, il a été ouvertement critiqué sur ce chapitre par le secrétaire d'État américain Mike Pompeo en visite à Budapest.

Rejetant les critiques et parlant "d'hypocrisie", Budapest rappelle systématiquement les relations commerciales soutenues qu'entretiennent de nombreux pays occidentaux avec la Russie.

S'il affirme ne souscrire qu'à contre-coeur aux sanctions prises par l'UE après l'annexion de la Crimée, Viktor Orban n'est jamais allé jusqu'à apposer son veto à leur reconduction, ce qui froisserait son principal partenaire commercial, l'Allemagne.

A rebours des critiques européennes, Viktor Orban estime que l'offensive militaire de la Turquie en Syrie, dont le régime est soutenu par Moscou, est dans l'intérêt de son pays, afin d'éviter une augmentation du nombre de réfugiés cherchant à s'exiler en Europe.

A Budapest, quelques membres de la communauté syrienne locale ont exhibé mercredi des drapeaux russes, syriens et turcs, sur le parcours du cortège du président russe.

Plusieurs protestataires ont au contraire déployé une banderole avec les photos de MM. Poutine et Orban et Erdogan, surmontées du mot "Dictateurs", a constaté un journaliste de l'AFP.

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