Le SPD allemand voit son avenir Ă  gauche

Le SPD allemand voit son avenir Ă  gauche
Tous droits rĂ©servĂ©s REUTERS/Fabrizio Bensch
Par Euronews avec AFP
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

đŸ‡©đŸ‡Ș En Ă©lisant un tandem de dirigeants de l'aile gauche du parti, les militants du SPD fragilisent la coalition gouvernementale formĂ©e avec la CDU.

PUBLICITÉ

Coup de barre à gauche chez les sociaux-démocrates allemands : les militants ont élu samedi un tandem de dirigeants critiques à l'égard de la coalition d'Angela Merkel, au détriment de l'actuel ministre des Finances, partisan du statu quo.

Encore inconnus du grand public il y a quelques semaines, Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans ont obtenu 53,06% des voix, contre 45,33% pour le ministre et vice-chancelier Olaf Scholz et Klara Geywitz, une Ă©lue locale de l'ex-RDA.

Quelque 54% des 426.630 militants du parti, créé sous ce nom en 1890, ont participé à ce second tour. Les deux nouveaux présidents, pour la premiÚre fois un tandem paritaire, seront officiellement investis lors d'un congrÚs organisé du 6 au 8 décembre à Berlin.

Les vainqueurs ont promis de leur "tendre la main" pour maintenir la "cohĂ©sion" du parti, distancĂ© dans les sondages par la droite et les Ă©cologistes, et au coude Ă  coude avec l'extrĂȘme droite.

Renégociation de l'accord de coalition

Ce second tour constitue un coup de tonnerre pour la chanceliÚre Merkel, au pouvoir depuis 14 ans et qui compte gouverner jusqu'à la fin de la législature en 2021, avant de se retirer de la politique.

Mme Esken et M. Walter-Borjans, tenants d'une ligne plus à gauche, veulent en effet renégocier l'accord de coalition conclu entre le SPD et les conservateurs de la CDU-CSU en 2018. Ce qu'exclut la direction de la CDU.

"Nous avons créé une base (avec le SPD). La décision d'aujourd'hui n'a rien changé à cette fondation", a ainsi réagi le secrétaire général de la CDU, Paul Ziemiak.

Les militants devront se prononcer dans une semaine, lors du congrĂšs Ă  Berlin, sur le bilan du gouvernement Ă  mi-mandat et voter sur un maintien ou une sortie de l'alliance au pouvoir.

Olaf Scholz, perdant surprise

Dépourvu de charisme, surnommé "Scholz l'automate" pour sa propension à aligner des éléments de langage, M. Scholz, partisan d'un maintien dans la coalition, apparaissait comme le choix de la continuité.

Ancien maire de Hambourg, son poste actuel de ministre des Finances pourrait ĂȘtre fragilisĂ© par cette dĂ©faite, bien qu'il souhaite rester en place, selon le groupe de mĂ©dias Funke.

Il était le seul poids lourd social-démocrate en lice dans cette élection, provoquée par la démission fracassante au printemps de la précédente présidente, Andrea Nahles, aprÚs un scrutin européen catastrophique.

MalgrĂ© des mesures rĂ©centes pour augmenter le minimum de retraite, les deux nouveaux dirigeants, des Ă©lus locaux tenants de la lutte contre l'extrĂȘme droite et l'Ă©vasion fiscale, critiquent la politique du "zĂ©ro endettement", un totem en Allemagne. Ils dĂ©plorent aussi la timiditĂ© de l'actuel gouvernement en matiĂšre environnementale.

Soutien des pro-climat

Le duo était d'ailleurs soutenu par les trÚs remuants Jeunes socialistes ainsi que par la branche allemande de Fridays for future, le mouvement pro-climat initié par la Suédoise Greta Thunberg, trÚs suivi en Allemagne.

Les deux nouveaux dirigeant demandent notamment des investissements supplémentaires à hauteur d'un milliard d'euros en faveur du climat et des infrastructures. Ils souhaitent aussi que le salaire minimum soit porté à 12 euros, contre environ 8,8 euros actuellement.

Quel avenir pour la Chancellerie ?

Si la droite continue d'opposer une fin de non-recevoir, le SPD pourrait décider de sortir de la coalition. Mme Merkel pourrait alors tenter de former un gouvernement minoritaire.

De nouvelles élections avant le terme de la législature seraient également envisageables, un mauvais timing avant la présidence de l'Union européenne que doit assurer l'Allemagne en 2020.

"L'Allemagne va ĂȘtre confrontĂ©e Ă  de nouvelles Ă©lections ou Ă  un gouvernement minoritaire", a ainsi prĂ©dit le parti libĂ©ral FDP, convaincu que touche Ă  sa fin la grande coalition entre conservateurs et sociaux-dĂ©mocrates, formĂ©e dans la douleur il y a un an et demi.

"Ce n'est plus une +Groko+ (grande coalition), c'est une +Kleinko+ (une petite coalition) et bientĂŽt ce sera une +Noko+", a assĂ©nĂ© Jörg Meuthen, co-dirigeant du parti d'extrĂȘme droite Alternative pour l'Allemagne (AfD).

PUBLICITÉ

Quelque 57% des sympathisants du SPD seraient favorables à un maintien dans l'équipe Merkel, selon un récent sondage Ipsos. Mais le résultat de cette élection, qu'aucun sondage n'avait prédit, pourrait rebattre les cartes.

-Avec AFP-

Partager cet articleDiscussion

À dĂ©couvrir Ă©galement

Nouvelle direction au SPD : de mauvais augure pour Angela Merkel

L'Allemagne a commémoré les 30 ans de la chute du mur de Berlin

Allemagne : L’extrĂȘme droite espĂšre une nouvelle percĂ©e en Thuringe