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Un plan pour stopper la fuite des cerveaux grecs

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Un plan pour stopper la fuite des cerveaux grecs
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Pendant six ans, Charis Karanatsios a analysé, étudié, décortiqué des sites internets.. au Royaume Uni. Pourtant, il aurait préféré rester chez lui, en Grèce. Mais comme des milliers d'autres, la crise financière des dix dernières années l'a obligé à émigrer. Récemment, une entreprise privée grecque a réussi à l'attirer dans ses filets.. le trentenaire est de retour.

"Je voulais rentrer en Grèce. Au début, je comptais travailler à l'étranger pendant deux ou trois ans seulement, se souvient ce spécialiste de l'expérience client sur Internet. Mais ça a été très dur pour moi de trouver une entreprise grecque avec les mêmes standards que dans le reste de l'Europe, et une qui me propose un emploi à la hauteur de mes compétences."

Et le jeune grec de s'interroger : "Qu'est ce qui a changé entre temps ? C'est une bonne question... C'est vrai qu'après six ans à l'étranger, on a toujours cette crainte, on ne sait pas ce qu'il va se passer quand on reviendra dans son pays. Mais ce sentiment s'estompe de jour en jour."

3 000 euros de salaire financés à 70% par l'État

Le gouvernement a décidé d'accompagner le mouvement. Le programme "Rebrain Greece", dévoilé lundi dernier, propose de financer les salaires de ces cerveaux tant convoités. 3 000 euros par mois, subventionnés à 70%, pendant un an. C'est bien au dessus du niveau de vie moyen dans ce pays sinistré par des années d'austérité.

Pour les détracteurs du projet, la réforme est faite sur mesure pour les "golden boys" des entreprises. Interrogé par Euronews, le ministre du Travail Giannis Vroutsis se défend : "Il ne s'agit pas de protéger les "golden boys". Il s'agit de jeunes grecs qui ont fait de hautes études et qui sont partis à l'étranger pour se chercher un avenir".

Pour lui, il s'agit là d'une des conditions sine qua non pour que la Grèce renoue avec une croissance pérenne : "Nous souhaitons mettre le savoir et l'expérience professionnelle de ces jeunes au service des entreprises grecques."

Après dix ans de crise, la Grèce a pris du retard sur le marché du travail européen. Konstantinos Agrapidas est à la tête de la Direction générale du travail, rattachée au ministère des affaires sociales. Pour cet habitué de la politique grecque, "les profils intéressants sont partis, et la Grèce a payé le prix fort". "Les familles et l'Etat ont investi dans l'avenir de ces jeunes, abonde-t-il. Désormais, dans l'Union européenne, la Grèce est 26ème sur 28 (en comptant le Royaume-Uni, ndlr) en termes de compétences numériques."

Le plan du gouvernement vise les jeunes détenteurs d'un master ou au delà, qui ont travaillé au moins deux ans à l'étranger. La première phase va bientôt débuter, elle doit durer une année.