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Quelle vengeance réserve l'Iran à Donald Trump, avec ses milices chiites alliées ?

An Iranian man walks pass an anti-U.S. graffiti painted on the wall of the former U.S. Embassy in Tehran
An Iranian man walks pass an anti-U.S. graffiti painted on the wall of the former U.S. Embassy in Tehran   -   Tous droits réservés  AP Photo/Hasan Sarbakhshian
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Stupide Trump (...) Ne pense pas qu'avec le martyr de mon père, tout est fini

Cette promesse de vengeance vient de la fille du général Qassem Soleimani, Zeinab. Le haut-gradé qui a été tué en Irak par une frappe ciblée de l'armée américaine était l'homme le plus puissant d'Iran, juste après le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Aux Etats-Unis, la population a donc tout lieu de s'inquiéter à la suite de l'ordre sans précédent donné par le président Donald Trump en personne.

Pascal Boniface, expert français en géopolitique, fondateur et directeur de l'IRIS, l'Institut de relations internationales et stratégiques, a résumé la situation - critique - en une phrase :

Les milices pro-Iran en Irak et au Liban prêtes à bondir

Les Etats-Unis sont redevenus le "Grand Satan" pour les autorités iraniennes et toutes les milices paramilitaires pro-Iran qui combattent en Irak, au Liban et en Syrie. A Téhéran, le président plutôt modéré, Hassan Rohani, a même promis :

L'Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l'Amérique criminelle

Le général Soleimani, qui dirigeait les Gardiens de la Révolution, était adulé dans les rangs des milices chiites qu'il avait mises en place au Proche-Orient, et il paraissait "intouchable" aux yeux de ces combattants. L'appel à la vengeance est désormais unanime.

A Bagdad, le haut commandement du Hachd al-Chaabi, la coalition militaire pro-iranienne, a exhorté ses forces à "bouter les troupes étrangères hors d'Irak", autrement dit les quelque 5 000 soldats américains qui y restent stationnés. Le chef chiite irakien Moqtada Sadr a même réactivé sa propre milice, menaçant les Etats-Unis d'un nouveau "Vietnam".

Au Liban, le chef du mouvement chiite Hezbollah, Hassan Nasrallah, a promis un "juste châtiment" aux "assassins criminels". Dans son esprit, les Israéliens en font aussi partie puisque leur Premier ministre, Benjamin Netanyahu, s'était tout de suite félicité de la décision de Donald Trump, estimant qu'il avait agi "avec rapidité, force et sans hésitation". Du coup, l'Etat hébreu est sur les dents depuis vendredi dernier. L'accès au Mont Hermon, situé à la frontière libanaise, a notamment été fermé. Ce site stratégique abrite une partie du bouclier antimissile israélien.

3 500 soldats américains en plus au Proche-Orient

Pour le moment, les différents ennemis n'ont pas bougé mais la moindre intervention armée risque de déclencher une escalade. Kim Ghattas, du Carnegie Endowment for International Peace, estime que tout est possible... ou rien !

Une guerre ? Le chaos ? Des représailles limitées ? Rien ? Personne ne sait vraiment, ni dans la région, ni à Washington, parce que ceci est sans précédent

En tout cas, les nombreux groupes armés au service de l'Iran pourraient lancer des attaques contre les forces américaines déployées en Irak et en Syrie, ou contre des ambassades des Etats-Unis dans la région, ou bien encore viser des alliés de Washington comme Israël ou l'Arabie saoudite. Les bases américaines dans les Etats du Golfe sont également des cibles potentielles, ainsi que certains pétroliers et navires marchands qui naviguent près du détroit d'Ormuz.

Si le contingent américain s'est fortement amaigri en Irak, les effectifs dans l'ensemble du Moyen-Orient se montaient à 60 000 personnes... jusqu'à maintenant, car l'état-major a finalement décidé d'envoyer près de 3 500 soldats supplémentaires sur le terrain. Ils font partie d'une force de réaction rapide de la 82ème division aéroportée, mise en état d'alerte juste après l'assaut de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad par des milliers de pro-iraniens le 31 décembre dernier.