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Un sommet du G5 Sahel en France pour resserrer les rangs

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Un sommet du G5 Sahel en France pour resserrer les rangs
Tous droits réservés  France Mali Extremists-AP   -   CHRISTOPHE PETIT TESSON
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Renforcer la légitimité contestée des militaires français déployés au Sahel et mobiliser les alliés européens, tel est encore l'objectif de la France face à la multiplication des attaques djihadistes.

Emmanuel Macron réunit ce lundi après-midi à Pau, les présidents du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie), le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, le président de la Commission de l'Union africaine Moussa Faki et le président du Conseil européen, Charles Michel.

Ce sommet devait avoir lieu en décembre, mais avait été reporté en raison d'une attaque qui avait coûté la vie à 71 soldats nigériens. C'était alors la plus meurtrière depuis 2015.

Cette fois-ci, le sommet n'a pas été reporté alors qu'une autre attaque encore plus meurtrière a été commise au Niger hier : 89 soldats ont été tués dans le camp de Chinégodar, près du Mali.

Aujourd'hui, Paris veut avant tout obtenir une déclaration commune des présidents du G5 sahel qui soulignera que la France agit à la demande de ses dirigeants, afin de "relégitimiser" sa présence. Vendredi, un millier de personnes ont encore manifesté à Bamako pour réclamer le retrait des troupes françaises et étrangères.

Emmanuel Macron est frustré par ce rejet des troupes françaises, par le coût financier et humain et le manque de progrès au final de la force Barkhane et des forces du G5 Sahel dans cette région semi- désertique, de la taille de l'Europe.

Le sommet de Pau vise à revoir la stratégie militaire contre les djihadistes et à appeler à une participation accrue des alliés internationaux. Ce que la France essaie finalement de faire depuis 2017 et la concrétisation de la force du G5 Sahel.

La France est d'ailleurs en train de mettre sur pied une opération baptisée "Tacouba", réunissant des forces spéciales d'une dizaine de pays européens.

Selon l'ONU, plus de 4.000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Le nombre des déplacés a décuplé, approchant le million.

Les forces en présence face aux djihadistes dans le Sahel

Depuis le lancement en 2013 d'une intervention au Mali à l'initiative de la France contre des groupes djihadistes, les pays du Sahel ont connu une série de déploiements et de missions militaires, régionales ou internationales. L'agence France presse a fait le point :

Forces françaises

Barkhane, du nom d'une dune prenant la forme d'un croissant sous l'effet du vent, est actuellement la plus importante opération extérieure de l'armée française, avec environ 4.500 militaires mobilisés.

Déployée dans l'ensemble de la bande sahélo-saharienne, une zone vaste comme l'Europe, elle a pris le relais en août 2013 de l'opération Serval et élargi son champ d'action. Lancée au Mali en janvier 2013, Serval était parvenue à mettre en déroute en quelques mois les combattants djihadistes qui contrôlaient le Nord du pays et menaçaient d'attaquer Bamako.

Barkhane a reçu ces derniers mois le renfort de quelques pays européens. Le Danemark a déployé en décembre deux hélicoptères lourds Merlin à Gao (Mali) et 70 militaires pour en assurer le pilotage et la maintenance.

Et depuis juillet 2018, un détachement d'une centaine de Britanniques et leurs trois hélicoptères lourds "Chinook" prêtent main forte en matière de logistique, de ravitaillement et de tranport des troupes.

Casques bleus

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) s'est déployée en juillet 2013, prenant le relais de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) formée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).

C'est une mission de maintien de la paix, excluant de fait des opérations offensives.

Avec un effectif d'environ 13 000 Casques bleus, c'est une des missions les plus importantes de l'ONU. Régulièrement attaquée, elle a payé un lourd tribut: plus de 200 soldats tués, dont plus d'une centaine dans des actions hostiles.

L'Allemagne contribue à la Minusma à hauteur de 1.100 hommes et la Grande-Bretagne a promis le déploiement de 250 militaires pour trois ans à partir de 2020.

Force du G5 Sahel

En novembre 2015, les dirigeants de l'organisation G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad) réunis en sommet décident de créer une force conjointe pour lutter contre les groupes djihadistes qui essaiment dans la région.

Face à la dégradation de la situation dans le centre du Mali, limitrophe du Burkina Faso et du Niger, gagnés à leur tour par les violences, ils réactivent le projet en 2017.

Le président français Emmanuel Macron a apporté son soutien à cette initiative, Paris y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur sécurité.

Mais cette force régionale - qui doit compter 5.000 hommes à terme - peine à monter en puissance en raison de problèmes d'organisation et financement. Seuls 300 millions d'euros sur les 400 promis par la communauté internationale ont été effectivement apportés l'an dernier, selon la présidence française.

Et ses opérations sont compliquées par des accusations de violations des droits de l'Homme par certaines de ses troupes.

EUTM Mali

La Mission européenne de formation de l'armée malienne (EUTM Mali), lancée en février 2013, réunit 620 militaires de 28 pays européens, avec une mission de formation de l'armée malienne, sans participer aux combats.

Elle a pour mission de remettre sur pied une armée malienne sous-entraînée et sous-équipée.

Son mandat a été prolongé en mai 2018 par l'Union européenne pour deux ans, avec un budget quasi doublé à 59,7 millions d'euros. Sa mission a été étendue à la formation de la force du G5 Sahel.