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Réforme des retraites : ce que le projet de loi va changer pour les Français

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Réforme des retraites : ce que le projet de loi va changer pour les Français
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Au 51ème jour de grève, le projet de loi est finalement présenté en Conseil des ministres ce vendredi, jour de nouvelle mobilisation. Retour sur le contenu de cette réforme qui divise la France.

C'est le deuxième plus grand défi du quinquennat d'Emmanuel Macron, après les gilets jaunes : la réforme des retraites. Le projet de loi est finalement présenté en Conseil des ministres ce vendredi, alors que les syndicats ont appelé à une 7ème grande journée de manifestations, en ce 51ème jour de grève.

Le régime universel : une promesse de campagne

La réforme met en place ce qui était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : un régime "universel" qui se substitue à la quarantaine de régimes existants. Exit les trimestres de cotisations, et place aux points donc, pour ceux nés après 1975.

Philippe Aghion est l’un des économistes à avoir inspiré le programme du candidat Macron en 2017. Il explique à Euronews quel était l'objectif, à l'origine de ce système universel : "L'idée était la suivante: on passe de plus en plus à une économie où les individus changent de travail plusieurs fois dans leur vie, combinent plusieurs métiers, passent de travail à formation, et les carrières deviennent de plus en plus mobiles et hachées. Donc le système de retraite que nous avions n'était pas adapté à cela, car c'est un système par statuts pour des personnes qui font toujours le même métier. Beaucoup de personnes travaillent par exemple seulement quelques heures dans un trimestre. Et un trimestre complet n'était pas compté pour les retraites. Donc il fallait passer à quelque chose où tout ce que vous faites tout au long de votre vie est compté. Cela pénalisait les femmes, les carrières hachées et ce n'était pas adapté aux besoins d'une économie mobile, c'est donc cela l'avantage d'un régime à points."

L'âge pivot a fait l'unanimité contre lui

Mais Emmanuel Macron avait promis qu'il ne toucherait pas à l'âge de départ. L'idée d'instaurer un âge pivot à 64 ans a donc conduit le gouvernement à se mettre à dos tous les syndicats, même les réformistes de la CFDT, qui sont en faveur du système universel de retraite à points.

Officiellement, l’âge légal de départ à la retraite reste à 62 ans, quand il est de 65 ans en moyenne au Royaume-Uni et même de 67 ans en Italie.

Mais l’âge pivot instaurerait un système de bonus-malus avec une décote pour ceux qui partent à 62 ans, tandis que l'obtention d'une retraite à taux plein serait fixée à 64 ans. Objectif : inciter les Français à prendre leur retraite plus tard.

"Injuste" s’il s’applique uniformément, sans distinction de la pénibilité ou de l’âge auquel les individus ont commencé à travailler, répond notamment la CFDT.

Pour Henri Sterdyniak, économiste membre des "Economistes atterrés", l'objectif est surtout de "faire des économies": "Le nouveau système ne va s'appliquer qu'aux personnes nées après 1975. Le gouvernement cherche donc à faire des économies avant 2037, avant même la mise en place du nouveau système."

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avançait de son côté l'argument de la nécessité de parvenir à un équilibre financier du gouvernement, alors que le Conseil d'orientation des retraites prévoit un déficit compris entre 8 et 17 milliards d'euros en 2025.

A quand la sortie de crise ?

Pour tenter de sortir de la crise, le Premier ministre Edouard Philippe a décidé de "retirer provisoirement" l’âge pivot, mais charge aux partenaires sociaux désormais de trouver un moyen de parvenir à l’équilibre du système des retraites d'ici à 2027. Ce sera l'objectif de la conférence de financement, initiative lancée par le syndicat réformiste CFDT et qui démarrera le 30 janvier.

Les opposants contestent également la nouvelle méthode de calcul qui prend désormais en compte l'ensemble de la carrière et non plus les 25 meilleures années pour le secteur privé ou les 6 derniers mois pour les fonctionnaires. "C'est travailler plus longtemps pour des retraites plus faibles", répondent les manifestants.

Pour sortir de la crise, plusieurs concessions ont également été faites à différentes professions comme les policiers, les marins, ou encore les enseignants, dont les salaires seront revalorisés, mettant quelque peu à mal l'universalité du régime promise par l'exécutif.

Mais le président français Emmanuel Macron a rappelé le 31 décembre lors de ses vœux qu'il souhaitait "mener la réforme à son terme", même si une majorité de Français continue de soutenir le mouvement de contestation, selon les derniers sondages.

Une fois adopté en Conseil des ministres, les deux projets de loi qui constituent la réforme seront ensuite discutés à l'Assemblée nationale en première lecture à partir du 17 février.

De leur côté, la CGT, FO, FSU, Solidaires, les organisations de jeunesse FIDL, MNL, UNL et étudiante Unef "appellent à faire du mercredi 29 janvier, veille de la conférence de financement, une journée massive de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles", écrivent-elles dans un communiqué. Mais cette fois, la CFE-CGC, engagée dans la mobilisation depuis le 5 décembre, ne signe pas le texte.

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