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Évacuation d'un camp de migrants parisien : mise à l'abri ou opération de communication ?

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Évacuation d'un camp de migrants parisien : mise à l'abri ou opération de communication ?
Tous droits réservés  AFP / Philippe Lopez
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C'est la 60e opération de démantèlement d'un camp de migrant ou opération de mise à l'abri depuis 2015 en France. Des pelleteuses étaient en action aux premières heures ce mardi matin Porte d'Aubervilliers dans le nord-est de paris. Plus de 1 430 personnes ont été évacuées par un lourd dispositif policier, tout cela sous l’œil de la municipalité de Paris qui tente de régler ce qu'elle qualifie de crise d'accueil des migrants.

"C'est le même phénomène en Europe et partout dans le monde. Il faut que les grandes villes, nous c'est ce qu'on essaie de faire avec l'aide de l'état puisque c'est une législation nationale, que nous puissions remplir cette mission d'accueil qui est la nôtre. Cela ne veut pas dire que tout le monde pourra avoir un droit au séjour ici, à Paris, ou en France, mais ça veut dire que le premier accueil ne doit pas pousser les gens à vivre dans la rue pendant des mois comme ça a été le cas ici" a expliqué Anne Hidalgo. La maire de Paris et ses adjoints étaient venus dès le début de l'opération et ont été verbalement pris à partie par des riverains à la fin de leur point presse.

Début novembre, 1 600 personnes avaient été évacuées de la porte de la chapelle. Presque plus aucune réinstallation n'a été possible en raison de la présence des forces de l'ordre. Mais depuis lors, les associations citoyennes (collectifs d'aide aux migrants, Médecins sans frontière, la Cymade, la Ligue des droits de l'homme) ont retrouvé une partie de ces migrants à Aubervilliers alors que 300 personnes se sont installées porte de la Villette.

Le suivi du parcours des droits de ces migrants sans-abris est impossible déplorent-elles. Philipe Caro, du collectif Solidarité Migrants Wilson, était lui aussi sur place ce matin :

"Y'a aucune communication des autorités préfectorales notamment pour expliquer où vont les gens. on est sensé les croire sur leur bonne foi, sensé croire que les gens sont bien traités, que leurs droits sont respectés, sauf qu'essayez d'avoir la liste de tous les gymnases où ils emmènent les gens, on ne sait pas."

Dans deux jours, c'est la nuit de la solidarité à Paris, c'est-à-dire que la municipalité compte le nombre de sans-abris. 1.500 personnes vont ainsi disparaître des statistiques officielles ironise Solidarité migrants Wilson qui dénonce une simple opération de communication.

Et Porte d'Aubervilliers, outre les migrants, se sont également agrégés les toxicomanes qui étaient concentrés sur la "colline du crack" toute proche. Un facteur qui complique la situation pour tout le monde : autorités, riverains, associations. La préfecture de région a déclaré que les toxicomanes allaient faire l'objet d'une prise en charge par des "structures spécialisées".