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Coronavirus : le pire bilan de décès en 24 heures, nouvelle réunion de l'OMS

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Caméra thermique installée dans l'aéroport de Bangkok-Suvarnabhumi en Thaïlande, le 29 janvier 2020.
Caméra thermique installée dans l'aéroport de Bangkok-Suvarnabhumi en Thaïlande, le 29 janvier 2020.   -   Tous droits réservés  Gouvernement thaïlandais via AP
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Le bilan de l'épidémie du 2019-nCoV s'est alourdi à 170 morts jeudi en Chine après un bond sans précédent du nombre quotidien de décès. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a appelé le "monde entier à agir" face au nouveau coronavirus, tiendra jeudi une réunion pour déterminer si l'épidémie "_constitue une urgence de santé publique de portée internationale_".

Tweet du directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

Les autorités chinoises ont fait état jeudi matin de 38 décès sur les 24 heures précédentes, soit la plus forte progression quotidienne depuis le début de l'épidémie en décembre, portant le bilan à 170 morts.

Le nombre de patients contaminés a bondi à environ 7 700 en Chine continentale (hors Hong Kong), dépassant désormais largement le nombre (5 327) de personnes infectées en 2002 et 2003 par l'épidémie du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère). Ce coronavirus avait alors fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale.

Wuhan, la métropole du centre de la Chine d'où est partie l'épidémie, est désormais coupée du monde depuis une semaine, tout comme la quasi-totalité de la province environnante du Hubei.

L'Australie réalise une nouvelle réplique du coronavirus en laboratoire

Des scientifiques en Australie sont parvenus à répliquer en laboratoire le coronavirus apparu en décembre en Chine, dans ce qu'ils décrivent comme un pas en avant crucial dans la lutte contre l'épidémie de pneumonie virale en cours.

L'Institut Doherty à Melbourne a annoncé mercredi qu'il avait pu créer un nouveau coronavirus à partir d'un échantillon obtenu d'un patient infecté, pour la première fois hors de Chine.

"En obtenant le vrai virus cela signifie que nous avons maintenant la capacité de valider et de vérifier tous nos tests, et d'en comparer les réactions et les sensibilités", a déclaré l'un des responsables de ce laboratoire, Julian Druce. "C'est fondamental pour le diagnostic", a-t-il ajouté.

La Chine était rapidement parvenue à séquencer le génome de ce nouveau coronavirus et à en publier les résultats, permettant aux scientifiques dans le monde de développer de nouveaux outils de diagnostic.

Premier rapatriement de ressortissants français

Alors que ce cordon sanitaire draconien, imposé le 23 février, interdit à quelque 56 millions d'habitants de quitter la région, les Etats-Unis et le Japon ont organisé mercredi des opérations pour évacuer une partie de leurs ressortissants.

C'est à présent au tour de Paris : un premier avion français devait partir dans la nuit de mercredi à jeudi à destination de Wuhan, tandis qu'un second est prévu "plus tard dans la semaine", selon la Commission européenne. Les deux appareils pourraient rapatrier au total au moins 250 Français et plus de 100 ressortissants d'autres pays européens.

La ministre française de la Santé Agnès Buzyn avait annoncé mardi qu'un premier avion avec une équipe médicale à bord atterrirait "jeudi après-midi à Wuhan" et serait de retour en France dans la nuit de vendredi à samedi, avec un dispositif de quarantaine de 14 jours pour les personnes rapatriées.

D'autres pays planifient des opérations similaires : l'Italie a annoncé l'envoi d'un avion jeudi à Wuhan, Berlin prévoit l'évacuation de quelque 90 Allemands "dans les prochains jours" et le Canada va également affréter un avion. Australie et Royaume-Unis envisagent également des évacuations. La Nouvelle-Zélande a annoncé jeudi qu'elle affréterait un avion de 300 places pour évacuer ses ressortissants de Wuhan.

"Situation nouvelle"

Dans le même temps, 195 Américains arrivés mercredi matin sur une base militaire californienne ont été examinés. Aucun ne présente les symptômes du virus, mais tous y resteront en quarantaine pendant 72 heures.

AP Photo/Michael Dinneen
Un avion affrété par le gouvernement des Etats-Unis rapatriant des ressortissants américains depuis Wuhan faisant étape à Anchorage, Alaska, avant de repartir pour la Californie, le 29 janvier 2020.AP Photo/Michael DinneenMchael Dinneen

En revanche, parmi les 206 Japonais rapatriés mercredi à Tokyo, trois ont été contaminés. Ces trois cas s'ajoutent aux huit déjà recensés précédemment dans l'archipel.

Si l'essentiel des contaminations ont été détectées en Chine continentale, une quinzaine d'autres Etats sont également touchés, avec au total environ 80 cas confirmés, dont un cinquième cas en France mercredi.

"Le monde entier doit être en alerte, le monde entier doit agir", a insisté mercredi Michael Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS.

Signal inquiétant : des transmissions interhumaines ont été enregistrée dans trois pays en dehors de Chine : en Allemagne, au Japon et au Vietnam.

Dans ce contexte, les mesures de précaution se durcissent au niveau international: des compagnies aériennes comme British Airways, l'allemande Lufthansa, l'espagnole Iberia, ou encore l'indonésienne Lion Air (qui exploite la plus grande flotte aérienne d'Asie du Sud-Est) ont annoncé la suspension de leurs vols vers la Chine continentale.

Et ce après que plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Etats-Unis, y ont déconseillé tout voyage.

Quant à la Russie, elle va fortement limiter ses liaisons ferroviaires, ne maintenant en service que la ligne Pékin-Moscou.

Saison de football reportée en Chine

Wuhan, où la circulation des véhicules non essentiels est interdite, gardait des allures de ville fantôme: "C'est le premier jour que je sors depuis le début du confinement. Pas d'autre choix: il fallait que j'achète à manger", confiait, ce mercredi, un des rares piétons à s'aventurer dans les rues.

Dans le reste de la Chine, où les congés du Nouvel an lunaire ont été prolongés jusqu'au 2 février, la plupart des habitants, effrayés, désertent centres commerciaux, cinémas et restaurants.

Après l'annulation de plusieurs compétitions sportives internationales, dont les épreuves de Coupe de monde de ski alpin, la Chine a annoncé jeudi le report de la saison 2020 du championnat local de football (CSL).

Au-delà du secteur aérien, l'épidémie génère une "incertitude" pour l'économie mondiale, a averti mercredi le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell.

Un constat que font également les multinationales, des constructeurs automobiles aux sous-traitants de l'industrie électronique, alors que de nombreuses entreprises et usines chinoises resteront fermées jusqu'au 9 février au moins. Les secteurs du luxe et du tourisme pourraient être, eux, plombés par la chute du nombre de voyageurs chinois.