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La viticulture mondiale menacée par le réchauffement climatique

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La viticulture mondiale menacée par le réchauffement climatique
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Avec le réchauffement climatique, le monde de la viticulture va également devoir s'adapter. Dans l'hypothèse d'un réchauffement de deux degrés, objectif de l'accord de Paris, plus de la moitié des régions viticoles actuelles pourraient disparaître. Un chiffre qui monte à 85 % avec un réchauffement de quatre degrés.

C'est ce que montre une étude franco-américaine, publiée ce lundi dans la revue américaine PNAS, par des chercheurs de l'Institut national de recherche en agriculture, alimentation et environnement (Inrae). Ces derniers ont développé un modèle pour calculer les différents stades de développement des 11 des cépages les plus courants à travers le monde, qu'ils ont ensuite croisé avec les données de projection du changement climatique.

Les pays méditerranéens, au climat déjà plus chaud, seront les plus touchés. L'Italie ou l'Espagne perdraient 65 % de leur vignoble, pour n'en gagner que 10 % environ. Des pays comme l'Allemagne ou la France seraient à l'équilibre : environ 20 % de gain pour 20 % de perte. A contrario, certaines régions deviendraient propices à la production du vin : l'Australie et le nord des Etats-Unis enregistreraient des gains de territoires cultivables : de 15 à 100 % selon les régions.

Ignacio Morales-Castilla, Université d’Alcalá de Henares, Espagne
Exemple de gains et de pertes de surface viticoles pour deux cépages, le Pinot noir (violet) et le Grenache (rouge), dans un scénario de réchauffement à 2°C.Ignacio Morales-Castilla, Université d’Alcalá de Henares, Espagne

Quelles solutions ?

Les chercheurs ne se contentent pas d'exposer les problèmes, mais proposent également des solutions. Et selon eux, les pertes pourraient être limitées par des modifications d'encépagement. De telles modifications pourraient réduire la perte des zones propices à la culture viticole de 56 % à 24 % en cas de réchauffement de deux degrés et de 85 % à 58 % dans un scénario à quatre degrés.

Des variétés tardives et supportant mieux la chaleur, telles que le syrah, la grenache et le mourvèdre pourraient ainsi se développer dans les régions viticoles actuelles. D'autres, plus précoces, telles que le chasselas, le pinot noir et la chardonnay pourraient se répandre dans de nouvelles régions plus septentrionales.

De tels changements entraîneraient des "défis complexes, mais pas insurmontables, sur les plans légal, culturel et financier" estiment les auteurs.

Il est important de savoir que depuis quelques années, des stratégies et des procédures sont mises en place pour permettre aux viticulteurs et aux régions viticoles d'explorer la possibilité d'intégrer de nouveaux cépages dans leurs appellations d'origine. Déjà, dans ces nouveaux vignobles, on a commencé à explorer le potentiel d'un certain nombre de variétés afin de savoir si elles (les nouvelles variétés, ndlr) peuvent éventuellement être intégrées, à terme, dans les cahiers des charges des appellations d'origine.
Iñaki Garcia de Cortazar Atauri
Ingénieur de recherche à l'Inrae

Mais les amateurs de vins sont-ils prêts à continuer de consommer du pinot noir si celui-ci venait à être produit dans des régions qui ne sont pas, aujourd'hui, propices à la culture du vin ? Les experts appellent donc à une prise de conscience et les encouragent à explorer différents vignobles à travers le monde.

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