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Procès en destitution : le camp Trump mène l'offensive contre John Bolton

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Procès en destitution : le camp Trump mène l'offensive contre John Bolton
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John Bolton, pourra-t-il témoigner lors du procès en destitution de Donald Trump ? L'ancien conseiller à la sécurité nationale est devenu un personnage clé de la procédure et fait l'objet d'une lutte entre sénateurs démocrates et républicains.

Les partisans de Donald Trump ont lancé mercredi une grande offensive pour empêcher son témoignage et entendent empêcher la publication de certaines confidences embarrassantes contenues dans un livre à paraître.

"John Bolton connaît tous les secrets de la Nation" et ne peut pas être auditionné publiquement, a affirmé l'avocat du président, Patrick Philbin, lors d'une longue - 10 heures - journée de questions posées par les sénateurs à l'accusation et à la défense.

Limogé en septembre, John Bolton, néoconservateur de 71 ans connu pour ses positions belliqueuses, s'apprête à publier un livre-témoignage qui met à mal l'une des principales lignes de défense du 45e président des Etats-Unis.

Dans cet ouvrage, il affirme que Donald Trump lui a dit en août ne pas vouloir débloquer une aide destinée à l'Ukraine tant que ce pays n'enquêterait pas sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de l'élection présidentielle du 3 novembre.

Ces allégations, rendues publiques dimanche soir, sont au coeur du dossier d'accusation contre le milliardaire républicain, jugé pour "abus de pouvoir" et "entrave au travail du Congrès".

Elles ont renforcé les démocrates, qui réclament depuis des semaines la convocation de plusieurs haut responsables de la Maison Blanche, dont John Bolton.

"Il y a un témoin qui, s'il est assigné, est prêt à répondre" aux questions du Sénat, a lancé l'élu démocrate Adam Schiff, qui fait office de procureur en chef, aux cent sénateurs chargés de juger le président. "N'attendez pas que le livre soit imprimé noir sur blanc le 17 mars pour avoir vos réponses", a-t-il poursuivi.

Donald Trump s'est pour sa part déchaîné sur Twitter contre son ex-conseiller. John Bolton "s'est fait virer parce que franchement, si je l'écoutais, on en serait à la Sixième Guerre mondiale", a-t-il assené, et "immédiatement, il écrit un livre faux et méchant".

"Je n'ai JAMAIS dit à John Bolton que l'aide destinée à l'Ukraine était liée à des enquêtes sur les démocrates ...... s'il l'a dit, ce n'était que pour vendre un livre" avait-t-il lancé sur Twitter quelques jours auparavant.

L'ouvrage pourrait toutefois ne pas paraître comme prévu, la Maison Blanche s'opposant à sa publication en l'état.

Le manuscrit semble "contenir des informations confidentielles", dont certaines "pourraient causer des torts exceptionnellement graves à la sécurité nationale", a écrit le Conseil à la sécurité nationale (CSN).

"Nous ne pensons pas que les informations (contenues dans les chapitres sur l'Ukraine) puissent raisonnablement être considérées comme confidentielles", a répondu l'avocat de M. Bolton, Chuck Cooper.

Les démocrates savent que le président a toutes les chances d'être acquitté, la Constitution imposant une majorité des deux tiers (67 voix) pour le destituer.

A moins de 300 jours du scrutin présidentiel, ils espèrent toutefois gagner la bataille de l'opinion, alors que Donald Trump doit prononcer mardi son important "discours sur l'état de l'Union".

Les 53 sénateurs républicains ont jusqu'ici fait bloc derrière le président mais les révélations de John Bolton ont ébranlé les certitudes. Plusieurs républicains modérés pourraient se rallier aux démocrates lors d'un vote sur la question prévu vendredi en fin de journée.

Le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer a évoqué une "bataille difficile" pour obtenir les 51 voix nécessaires, estimant toutefois qu'il existait une "bonne chance" d'y parvenir.

Patrick Philbin a pour sa part mis en garde contre une paralysie "pendant des mois" du Sénat si de nouveaux témoins étaient convoqués, alors que des sénateurs républicains ont menacé de lancer à leur tour des assignations.

Les sénateurs continueront jeudi à poser leurs questions par écrit et lues à haute voix par le chef de la Cour suprême John Roberts, qui préside le procès.

Cet exercice très codifié a suscité mercredi quelques passes d'armes entre l'accusation et la défense.

Les avocats de Donald Trump ont ainsi plusieurs fois refusé de dire si le président avait évoqué Joe Biden et la corruption en Ukraine avant l'entrée en campagne de l'ancien vice-président démocrate en avril 2019.

Alan Dershowitz, autre défenseur du locataire de la Maison Blanche, s'est aussi fait remarquer en estimant que si un président pense être "le meilleur président de tous les temps, si je ne suis pas réélu, l'intérêt général en souffrira" et qu'il agit de manière à s'assurer un nouveau mandat, "cela ne mérite pas une mise en accusation".

La veille, Donald Trump jugeait sur Twitter: "Ce que j'ai accompli est incroyable, bien plus (et de loin) que n'importe quel président au cours de ses trois premières années au pouvoir".