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La crainte du coronavirus provoque d'importantes émeutes dans les prisons italiennes

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Des prisonniers sur le toit de la prison de San Vittore, à Milan, le lundi 9 mars.
Des prisonniers sur le toit de la prison de San Vittore, à Milan, le lundi 9 mars.   -   Tous droits réservés  AP
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Les prisons italiennes sont sous pression, dans un contexte d'inquiétudes et d'angoisse liées à l'épidémie de coronavirus. Ces 48 dernières heures, des mutineries ont éclaté dans une vingtaine d'établissements pénitentiaires sur tout le territoire, faisant plusieurs morts.

Les mouvements d'insurrection ont concerné notamment des prisons de Bergame et de Modène, au nord du pays, mais aussi Naples, Salerne ou Bari, dans le sud de la péninsule.

En Italie du nord, les détenus se sont révoltés contre la suspension des visites et des autorisations de sortie. A la prison San Vittore de Milan, une dizaine de prisonniers sont parvenus dimanche à s'installer sur le toit d'une des ailes, d'où ils ont crié "nous voulons la liberté !", sous le regard d'une centaine de policiers et de gardiens.

Les détenus craignent aussi d'être infectés par le virus. En raison de la surpopulation et du nombre élevé de pathologies, le risque de contagion et de mortalité est en effet très élevé en prison. "Si le coronavirus vient ici, nous sommes tous morts. La plupart de ceux qui sont en prison sont séropositifs ou ont des problèmes pulmonaires parce que le seul vice qu'ils ont est de fumer. Mon mari fume trois paquets de cigarettes par jour", explique Monica, 50 ans, épouse d'un détenu condamné à huit ans de prison.

Les autorités sanitaires italiennes ont annoncé la distribution à partir de mardi de "100 000 masques" dans les pénitenciers et le montage de 80 tentes pour filtrer les entrées des prisonniers pour détecter d'éventuels cas de coronavirus.

Des familles de détenus se sont rassemblées pour protester contre les mesures de restriction devant plusieurs prisons du pays comme à Rome ou à Bari (sud), où les détenus ont répondu à leurs proches en lançant des mouchoirs enflammés à travers les barreaux de leurs cellules et en criant "Libre, libre amnistie !", selon les médias.

Au moins trois détenus sont morts pendant ou après les affrontements à la prison Sant'Anna de Modène, selon le groupe de défense des droits des prisonniers Antigone, tandis que le quotidien La Repubblica a fait état de sept décès, citant des sources policières. Selon l'agence Ansa, deux détenus sont morts après avoir été transférés de la prison de Modène vers d'autres établissements pénitentiaires.

A Foggia dans les Pouilles, une cinquantaine de prisonniers se sont évadés lors d'une mutinerie. Une vingtaine sont toujours en cavale.