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Blockchain et mineurs de crypto-monnaies s'unissent contre le coronavirus

Ludovic Thomas, co-fondateur et PDG d'Alpine Mining, travaille sur le principal site minier de cryptodevise de la société. Fabrice COFFRINI / AFP
Ludovic Thomas, co-fondateur et PDG d'Alpine Mining, travaille sur le principal site minier de cryptodevise de la société. Fabrice COFFRINI / AFP   -   Tous droits réservés  FABRICE COFFRINI/AFP
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Des milliers d'ordinateurs puissants, normalement utilisés pour miner des crypto-monnaies, ont été détournés de leur objectif initial et collaborent désormais, regroupés au sein d'un réseau de recherche, pour lutter contre le coronavirus.

La puissance de calcul des processeurs de plus de 6 000 machines, participant normalement à la blockhain Ethereum, a été redirigée pour aider le projet Folding@Home de l'université de Stanford. Ce projet collaboratif de recherche biomédicale se concentre habituellement sur le SIDA, la maladie d'Alzheimer, la maladie de Huntington et les cancers, mais cette fois-ci, il a été affecté à l'étude du Covid-19.

Le fonctionnent est simple : en installant un programme sur votre ordinateur, vous pouvez "prêter" la puissance de calcul inutilisée de votre processeur et de votre carte graphique pour aider les chercheurs. C'est un projet collaboratif car, au lieu de n'avoir qu'un énorme ordinateur, comme un supercalculateur, pour faire des recherches, Folding@Home utilise la puissance de calcul de quiconque veut bien participer, et ce, n'importe peu importe où l'ordinateur se trouve dans le monde.

Tweet du projet célébrant le million de participants

Actuellement, plus d'un million d'ordinateurs contribuent activement à l'étude du nouveau coronavirus, et le réseau s'étend de jour en jour, avec une croissance de +1200% en 4 semaines.

Pétaflops et blockchain

Ce méga-ordinateur décentralisé permet de comprendre le comportement des protéines virales qui sont utilisées par le coronavirus pour attaquer notre système immunitaire et se répliquer. La vitesse de calculs de ces machines, notamment celles spécialisées dans l'extraction de monnaies cryptographiques, permet en effet d'étudier certains aspects de la dynamique moléculaire, de faire des simulations et de développer rapidement de nouvelles thérapies contre le SRAS-CoV-2.

Pour les amateurs de chiffres, la puissance décentralisée du projet de l'université de Stanford équivaut à 470 pétaflops, selon les médias. Cela signifie qu'il est capable d'effectué 470 millions de milliards d'opérations en virgule flottante par seconde.

De son côté, Summit, le superordinateur d'IBM le plus rapide du monde n'a "que" 200 pétaflops de puissance. Le supercalculateur est aussi monté au front contre le Covid-19 : il participe actuellement à des simulations pour trouver des composés chimiques capables d'inhiber les effets du nouveau coronavirus sur les cellules hôtes. Récemment, il en a identifié 77 qui pourraient se fixer au virus et diminuer sa capacité à se fixer aux cellules humaines.

La technologie blockchain est utilisée ailleurs en Europe pour lutter contre le coronavirus. Aux Pays-Bas, un groupe d'entreprises de haute technologie a lancé une initiative qui exploite la blockchain et offre un soutien technologique gratuit au gouvernement, aux travailleurs humanitaires, aux soignants et aux hôpitaux du pays.

Une puissance de calcul inégalée

Contacté par Euronews, le professeur Garrick Hileman, responsable de la recherche chez Blockchain.com, explique que, "pour l'instant, nous ne savons pas quelle est la part de la puissance de calcul, normalement utilisée par les 'mineurs' de crypto-monnaies, qui est mise à disposition pour combattre le Covid-19, ni les modèles des ordinateurs qui ont été mobilisés".

Mais, ajoute-t-il, "nous pouvons dire que les monnaies cryptographiques dans leur ensemble représentent le plus grand ensemble de puissance de calcul de l'Histoire. Beaucoup de ces machines sont extrêmement rapides et efficaces, et si un nombre suffisamment important d'entre elles est redéployé pour contribuer à la lutte contre le coronavirus, cela pourrait avoir un impact important et positif".

S'ajoute à cela, selon le professeur, la récente baisse du cours des crypto-monnaies qui a rendu peu rentable l'utilisation de bon nombre de ces ordinateurs pour "miner" ces cryptodevises. Par conséquent, "il existe davantage de possibilités de réorienter ces machines pour aider la recherche médicale".