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Pâques sans processions en Espagne, la tradition mise à l'épreuve

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Pâques sans processions en Espagne, la tradition mise à l'épreuve
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Pour l'Église catholique espagnole et ses fidèles, c'est une moment de l'année très particulier. Mais cette fois, les églises n'ouvriront pas leurs portes pour commémorer la mort et la résurrection du Christ. Pas plus que les magasins de cierges et d'objets religieux qui entourent la basilique Notre Père Jésus de Medinaceli, à Madrid. Ici, le quartier est étrangement désert.

La Semaine Sainte, une célébration très ancrée en Espagne

La Semaine Sainte est l'une des fêtes les plus populaires pour la communauté catholique espagnole. En temps normal, un vendredi Saint, des milliers de personnes seraient massées pour attendre la procession de la statue du Christ de Medinaceli devant la basilique. Mais cette année, les églises resteront fermées.

Confinement oblige, toutes les processions ont été interdites. Les églises retransmettront sur Internet les messes de l'an passé, et les confréries en charge des processions ont dû se faire une raison, bien qu'elles se préparent depuis des mois à faire défiler les statues à dos d'homme. Le responsable de la confrérie de Medinaceli s'est efforcé de faire passer le message.

« Le temps est venu de diriger nos prières vers les victimes, a expliqué Oscar Morales par message vidéo. Vers elles et vers les personnels de santé et les forces de sécurité qui luttent pour nous. »

Des alternatives à la procession

La confrérie encourage ses membres à faire usage des réseaux sociaux, tous âges confondus.

« C'est une période compliquée parce que cette année, je ne vais pas faire la procession, confie Pablo, un jeune garçon, dans un message sur Instagram. Alors j'ai eu l'idée de faire ma propre procession du Christ de Medinaceli ( une reproduction miniature). »

... Et des chants

Pour Juan Peña, chanteur de flamenco, pas de prestation publique cette année à l'occasion de la procession. Mais il le fera depuis son balcon.

« Je souhaite transmettre avec ma plainte, avec mon chant, ce que les gens ressentent », dit-il.

En ces temps de crise sanitaire plus que jamais, Juan Peña entend donc maintenir la tradition :

« La saeta que je veux chanter est très connue, mais j'ai changé une partie des paroles pour les adapter à cette période que nous vivons avec le coronavirus. C'est un chant envers Dieu, pour qu'il nous donne un coup de main, qu'il nous aide à aller de l'avant, qu'il n'y ait plus de morts et que finisse le plus vite possible cette pandémie qui s'est abattue sur le monde entier. »

Après le rituel des applaudissements aux soignants, il entonnera donc sa saeta depuis son balcon madrilène, pour faire résonner l'unité face à la maladie.