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En Russie, une violence domestique niée

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En Russie, une violence domestique niée
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À Moscou, on appelait cela l'auto-isolement à domicile. Pendant plus de deux mois, interdiction de sortir, jusqu'à mardi dernier. Deux mois d'enfer pour Daria, qui vit sous le même toit que son père violent.

« Ça a exacerbé sa violence »

« Il rentre et il se met à me frapper, raconte Daria. Il est aveuglé par la colère. Alors avec le confinement, en étant ensemble tout le temps, ça a exacerbé sa violence. »

Daria a décidé de partir. Son salaire a été réduit de moitié avec la crise sanitaire et elle a eu le plus grand mal à trouver un loyer qui rentre dans son budget. Mais c'est chose faite. Encore une semaine à tenir avant le déménagement…

Pas de loi sur la violence domestique

Irina Matvienko travaille, elle, pour le « Centre Anna », une ONG. Son équipe répond aux appels de détresse dans un pays où il n'y a pas de loi contre la violence domestique, et donc pas de protection légale pour les victimes.

Pendant le confinement, rappelle Irina, émettre un appel d'urgence signifiait se mettre en danger.

« Cet isolement contribue davantage à placer la femme sous l'emprise de son agresseur, elle est alors totalement à sa merci », explique-t-elle.

Une violence qui a plus que doublé

Les cas rapportés de violence domestique en Russie ont plus que doublé durant le confinement. C'est ce qu'a révélé le commissaire aux droits de l'Homme.

Alena Popova est la co-fondatrice du réseau nommé "Vous n'êtes pas seules". Elle milite pour qu'une loi sur la violence domestique soit adoptée en Russie. Mais ces dernières années, c'est plutôt le chemin inverse qu'a pris le pays, en décriminalisant les agressions dites « simples » contre un membre de sa famille. Les auteurs des violences risquent tout au plus une amende.

« La hausse des violences domestiques est un désastre et cette violence a muté, nous dit Alena. Ceux qui frappaient avant le confinement se sont, pour certains, aussi mis à violer leurs victimes. Cela fait longtemps que nous avons une épidémie de violence domestique dans ce pays, et avec la pandémie, elle s'est propagée de manière exponentielle. »

À en croire la police russe, les crimes domestiques ont reculé pendant le confinement. Une affirmation qui contraste avec les nombreux appels reçus par le associations. D'après la branche Europe de l'OMS, sur l'ensemble du continent, ils ont augmenté de 60 % en avril.