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La police française se sent lâchée par l'exécutif

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Des policiers du syndicat Alliance manifestent après l'interdiction de la méthode de la clé d'étranglement, le 12 juin 2020
Des policiers du syndicat Alliance manifestent après l'interdiction de la méthode de la clé d'étranglement, le 12 juin 2020   -   Tous droits réservés  Michel Euler, AFP
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C'est un appel de soutien au gouvernement et au président Macron, que lancent les policiers français, excédés de se sentir lâchés par l'exécutif. Leur colère est exacerbée par des années de tensions, les attentats, la crise des gilets jaunes, la réforme des retraites ou dernièrement le confinement. Autant d'événements qui ont épuisé les policiers. Alors être sur la sellette aujourd'hui, pris dans la vague du scandale George Floyd aux Etats-Unis, accusés de racisme, c'en est trop.

"Les comportements inadaptés au sein de la police - comme on n'arrête pas de faire des polémiques avec ça et qu'on profite malheureusement de l'événement dramatique aux Etats-Unis, qui n'a rien à voir avec nous - ils ont toujours été sanctionnés, si vous évoquez certains dérapages. Toujours. C'est-à-dire qu'il faut le savoir, une bonne fois pour toutes - et c'est ce qui nous rend dingue, permettez-moi l'expression - c'est que la police en France est la police la plus contrôlée au monde. Donc, quand il y a certains dérapages par une infime minorité, ne stigmatisons pas l'ensemble des policiers." s'indigneFabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat de police Alliance.

Les syndicats demandent à être reçus par le chef de l'Etat, pour être soutenus et considérés.

Les mots de trop de Christophe Castaner

La goutte d'eau, c'est l'intervention lundi du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a prôné la "tolérance zéro" envers le racisme dans les rangs de la police et l'interdiction d'une technique d'interpellation, par le cou.

"On remet en cause cette fameuse clé d'étranglement, je ne vois pas comment mes collègues pourront travailler sereinement sur la voie publique. Ils sont exposés, c'est dangereux." s'inquiète Sylvain Charenat du syndicat Alliance Gironde.

"J'aimerais qu'on me montre comment on est censé arrêter quelqu'un sans procéder à une prise-tête. C'est impossible. Avec un individu qui résiste, nous pouvons avoir un, deux ou trois collègues si nous n'utilisons pas, il peut être difficile de l'arrêter" se justifie Ludovic Bonnet de Force ouvrière.

Ils manifestent en uniforme, même si c'est interdit

Un peu partout en France, depuis jeudi, les policiers organisent des actions diverses et symboliques, comme jeter à terre leurs menottes, comme ils l'ont fait à Bobigny ou encore à Bordeaux.