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Emmanuel Macron tente de rassurer les forces de l'ordre

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Emmanuel Macron pendant une visioconférence le 4 mai 2020
Emmanuel Macron pendant une visioconférence le 4 mai 2020   -   Tous droits réservés  Gonzalo Fuentes/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Les policiers et gendarmes "méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation", a affirmé dimanche Emmanuel Macron, répondant à la colère des forces de l'ordre, accusées de racisme et de violences.

"Sans ordre républicain, il n'y a ni sécurité, ni liberté", a déclaré le président de la République, "cet ordre ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l'assurent". "Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom", a-t-il ajouté, lors d'une allocution dimanche soir. "Engagés pour préserver l'ordre républicain, policiers et gendarmes sont aussi les garants de nos libertés et notre sécurité", a tweeté le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à l'issue de l'allocution présidentielle.

"Par la voix d'Emmanuel Macron, c'est toute la nation qui rend hommage à leur dévouement. Gratitude et confiance aux forces de l'ordre", a ajouté le ministre, fortement critiqué par les policiers depuis sa remise en cause lundi des techniques d'interpellation.

Depuis lundi les policiers ont multiplié les mouvements et manifestations de mécontentement. Vendredi, quatre syndicats de police - Alliance, Synergie, SCIP et Unsa - ont descendu les Champs-Elysées et notamment demandé à être reçus par Emmanuel Macron.

"Le président joue les équilibristes et ne répond que partiellement à l'attente des policiers", a réagi auprès de l'AFP Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance à l'issue de l'allocution présidentielle.

Le syndicat maintient ainsi sa "demande d'audience" auprès du président de la République, ainsi que la mobilisation. "Chacun sait que le climat social risque de devenir plus tendu, reste à savoir si le président aura besoin de nous ou pas", prévient le syndicat Alliance.

"Le président a apporté son soutien" aux forces de l'ordre, a tweeté le syndicat des officiers et commissaires SCSI, "il doit maintenant tenir ses promesses de campagne sur l'académie de police, les caméras piéton généralisées, une police du quotidien".

Si Emmanuel Macron "n'a pas été capable de tendre l'oreille sur les centaines de milliers de personnes qui se sont rendus sur la place de la République, nous procéderons à d'autres formes de mobilisations", a assuré de son côté sur BFMTV Almamy Kanouté du comité "La vérité pour Adama".

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire"

"Il ne s'adressait qu'à une seule partie de la population française. Il a tenté de rassurer la police mais n'a pas tenté de rassurer les familles de victimes de violences policières, les citoyens qui ne font plus confiance à cette police et ne font plus confiance aux représentants politiques de ce pays", a-t-il dit.

"Depuis toutes ces années en France, ces question ne sont pas traitées" a critiqué Dominique Sopo, président de SOS Racisme. "Et après, on s'étonne que cela crée une ébullition et du mécontentement" a-t-il ajouté.

Le président français a également évoqué la question du déboulonnage de statues représentants des personnalités jugées racistes ou liées à l'esclavagisme. Le phénomène qui s'est répandu aux Etats-Unis, en Belgique ou encore au Royaume-Uni semble épargner la France pour le moment.

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n'oubliera aucune des ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statues. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toutes notre histoire, toutes nos mémoires. Notre rapport à l'Afrique en particulier, pour bâtir un présent et un avenir possible" a déclaré le chef de l'État français lors de son discours.

"Se faire lâcher par son patron, c'est quand même terrible! "

Dans la foulée de l'allocution présidentielle, quelques centaines de policiers se sont rassemblés à Paris sur l'esplanade du Trocadéro pour protester contre les dernières annonces gouvernementales.

"Nous ne sommes pas du tout rassurés par le discours de ce soir, au contraire. Nous, ce que l'on veut c'est du concret et surtout on veut que le ministre de l'Intérieur fasse machine arrière" sur les annonces de lundi, a expliqué à l'AFP un policier venu avec deux coéquipiers mais qui tient à rester anonyme.

"Se faire lâcher par son patron, c'est quand même terrible ! On a l'impression que c'est la rue qui commande et nous on se sent complètement abandonnés", a renchéri une autre policière en uniforme qui a souhaité, elle aussi, garder l'anonymat. Elle se dit prête à revenir tous les soirs "s'il le faut".

Plusieurs policiers ont déposé leur menottes à terre en signe de protestation malgré les déclarations quelques heures plus tôt du président de la République qui a assuré que les policiers et gendarmes "méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation".

"Sans ordre républicain, il n'y a ni sécurité, ni liberté", a déclaré le président de la République, "cet ordre ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l'assurent". "Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom", a-t-il dit.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, a reçu vendredi les syndicats policiers très remontés depuis ses annonces lundi, notamment sur la fin de l'utilisation de la technique d'interpellation dite "d'étranglement".

Devant les syndicalistes, Christophe Castaner avait reconnu en outre "une connerie", "une maladresse" de langage quand il a annoncé lundi la suspension de tout fonctionnaire en cas de "soupçon avéré" de racisme selon les syndicalistes.

Le syndicat Alliance dit attendre "des actes fort", en assurant "maintenir les mobilisations".