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Reportage : comment les hôpitaux français se préparent à une deuxième vague de coronavirus

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Reportage : comment les hôpitaux français se préparent à une deuxième vague de coronavirus
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Alors que plus de 80 clusters sont en cours d'investigation en France, notre reporter Guillaume Petit s'est rendu dans un hôpital de Bourgogne pour voir comment les équipes se préparent à une éventuelle deuxième vague de pandémie de coronavirus.

Le calme après la tempête… Ou avant la suivante : à l'hôpital de Dijon (Bougnogne), personne n'ose vraiment trancher. C'est plutôt l'incertitude qui prédomine. Car cet hôpital français n'a pas oublié à quelle vitesse tout s'est déroulé lorsque la pandémie de coronavirus s'est propagée en France. Le 27 février 2020, le premier patient atteint de covid-19 est pris en charge au sein du CHU de Dijon, qui compte plus de 1 800 lits.

Depuis, plus de 2 400 autres patients ont été admis à cause du coronavirus. Au plus fort de la crise, 30% des capacités hospitalières leur étaient dédiées. Une mobilisation d'ampleur. Il a fallu réorganiser les services en un temps record tout en continuant à assurer les urgences et le suivi d'autres pathologies. Mais l'hôpital "a su faire face", souligne un chef de service.

"Nous ne considérons pas que la pandémie est terminée"

Quatre mois après l'accueil du premier patient au sein de cet hôpital, qui est l'un des plus importants de la région, seuls 3 patients sont aujourd'hui encore hospitalisés. L'hôpital revient donc progressivement à la normale mais pas tout à fait au même niveau d'activité d'avant-crise. Et surtout, l'établissement se prépare à réagir rapidement en cas de deuxième vague. Selon le Conseil scientifique français, ce rebond de la pandémie pourrait survenir dès l'automne prochain.

"Nous avons des lits qui sont encore disponibles pour les patients de Covid-19, ils ne sont actuellement pas occupés par des patients covid mais ils pourraient l'être demain si besoin", explique à euronews Nadège Baille, directrice générale de l'hôpital de Dijon. "Nous ne considérons pas que le covid c'est terminé et derrière nous. Néanmoins, la différence par rapport à la la première vague est que nous sommes armés pour faire des dépistages à grande échelle. Aujourd'hui nous pouvons monter jusqu'à 2500 tests par jour".

Vigilance et reprise progressive d'activité : le difficile équilibre

Mais moins de patients covid-19 ne signifie pas moins de travail pour autant. Si la continuité des autres soins a été assurée pendant la crise avec des parcours dédiés, de nombreux patients ont dû reporter les opérations les moins urgentes. Certains patients n'ont pas pu accéder à des traitements autant qu'en temps normal mais sans réelle "perte de chance", souligne le Dr Jacques Baurin, chef du service de neurochirurgie. Le possible rebond de l'épidémie, ce chef de service l'a en tête, mais il sait aussi qu'il peut compter sur ce qui a plutôt bien marché en matière de suivi des patients à distance, pendant la première vague.

"Beaucoup d'efforts ont été faits pour la téléconsultation lors de la première vague afin de rester en contact avec les patients qui ont dû annuler leurs opérations", souligne le Docteur Jacques Baurin, chef du service de neurochirurgie_. "Et il est clair que dès que nous avons pu les reprogrammer, nous avons donné la priorité aux patients qui le justifiaient. Et nous le savions parce que nous avions continué à les suivre et à les accompagner pendant cette période difficile_".

Une période difficile également pour ces professionnels de la santé, épuisés après quatre mois de crise sanitaire et dans l'attente de réformes de la part du gouvernement français. Mais la crainte de ne pas pouvoir faire face à une deuxième vague se mêle à l'assurance de pouvoir compter dans le même temps sur l'esprit d'équipe et sur la solidarité de soignants passionnés, qui a été visible et remarquée. Mais à quel prix ?

"Ce qui nous a aidé à nous adapter, c'est le soutien de la part de ceux qui travaillent habituellement au bloc et qui sont venus nous aider en réanimation", souligne Justine Perrot, anesthésiste-réanimateur, qui confie avoir été touchée par le soutien de la population mais qui espère surtout que cela permettra aux Français "de prendre conscience" des difficultés auxquelles les hôpitaux français sont confrontés. "Nous avons également eu l'aide d'infirmiers venant de l'extérieur, et c'est toujours intéressant de travailler avec des gens que nous n'avons pas l'habitude de travailler et de le faire ensemble".

Les hôpitaux français se trouvent donc dans un entre-deux. D'un côté, le nombre de patients hospitalisés est presque 4 fois moins important par rapport à avril, au pic de la pandémie. De l'autre, plus de 80 clusters sont en cours d'investigation dans tout le pays, selon Santé Publique France. Un risque de résurgence de la pandémie qui appelle donc à la plus grande vigilance au sein des hôpitaux français.