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Edouard Philippe confirme un "investissement massif" pour les hôpitaux

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Après quinze jours de déconfinement, l'épidémie de coronavirus semble refluer et le gouvernement a lancé lundi le "Ségur de la Santé", vaste concertation destinée à améliorer "dans les tout prochains mois" les conditions de travail et la rémunération des soignants.

"Nous voulons aller vite", a lancé Edouard Philippe, en ouverture d'une large visioconférence depuis le ministère de la Santé.

Face à plus de 300 représentants des syndicats, collectifs, directeurs d'hôpitaux et d'Ehpad, mais aussi des libéraux, le Premier ministre a indiqué que "cette concertation générale (...) débouchera sur des décisions en juillet", afin de "change(r) le quotidien des personnels soignants dans les tout prochains mois".

Ce qui se traduira par une "revalorisation significative" des rémunérations et du budget de l'Assurance maladie "dans les années à venir", ainsi que par "un vaste plan d'aide à l'investissement", en plus d'un "reprise massive de dette" déjà annoncée en novembre.

Pour faire "bouger les lignes" et "lever les contraintes de toute nature", le chef du gouvernement a prévenu que "la question du temps de travail n'est pas un tabou".

Des négociations avec les syndicats et les fédérations hospitalières débuteront mardi sur ces sujets et devront "aboutir d'ici début juillet", a-t-il ajouté.

Un défi pour le ministre Olivier Véran et l'ancienne dirigeante de la CFDT Nicole Notat, maintenus sous pression par des soignants aguerris après des mois de grève et plusieurs manifestations.

De nouveaux rassemblements sont organisés çà et là, comme jeudi dernier devant l'hôpital Robert-Debré, à l'est de Paris.

Lundi, une cinquantaine de personnes s'étaient regroupées devant le ministère de la Santé à l'appel du syndicat SUD-Santé, qui avait déployé une banderole "Pas de retour à l'anormale".

La CGT donne pour sa part rendez-vous chaque semaine pour "les mardis de la colère", avec en ligne de mire une grande mobilisation nationale le 16 juin.

"Hauteur des enjeux"

Applaudis aux balcons depuis dix semaines, les blouses blanches attendent désormais "un geste fort, immédiat, pour renouer la confiance avec le gouvernement", qui doit "montrer d'emblée à l'ensemble des personnels qu'il les a entendus", a prévenu le Pr Stéphane Dauger, membre du collectif Inter-Hôpitaux.

"Le Ségur devra apporter des réponses à nos revendications et prioritairement les salaires de tous les agents", a déclaré à l'AFP Didier Birig, secrétaire général de FO-Santé.

"Il ne s'agirait pas de revisiter que les rémunérations de quelques professionnels ou de quelques métiers", a confirmé son homologue de la CGT-Santé, Mireille Stivala, qui "ira à toutes les réunions".

Tous ont en tête le "plan massif d'investissement et de revalorisation" promis fin mars par Emmanuel Macron. "Monsieur le président, montrez-nous qu'on peut compter sur vous", exhorte un collectif de soignants dans un courrier au chef de l'Etat publié par Libération.

Après deux mois de combat contre le Covid "les combattants épuisés vont déserter" si ce plan "n'est pas à la hauteur des enjeux", affirment-ils.

Exemple souvent cité, un infirmier français est payé environ 1 500 € net en début de carrière, soit 1,2 Smic, un des ratios les plus bas des pays riches de l'OCDE.

"L'ordre de grandeur d'une remise à niveau serait probablement de l'ordre de 15 à 20 %", estime Martin Hirsch, directeur des Hôpitaux de Paris (AP-HP).

"La vague est finie"

Sur le front de l'épidémie, en revanche, la tension retombe un peu. Dimanche soir, le bilan s'élevait à 28.367 morts en France depuis le 1er mars. Un décompte qui n'inclut pas les décès enregistrés depuis jeudi dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, dont les données seront réactualisées lundi.

"Les indicateurs sont plutôt très favorables", a relevé la directrice générale de Santé Publique France, Geneviève Chêne, soulignant que "la circulation du virus reste faible".

Un diagnostic partagé par Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France, qui a "mesuré que le virus circulait très peu dans les cabinets de médecine générale et très certainement dans l'ensemble de la population".

"La première vague est finie, c'est certain", même s'il est "beaucoup trop tôt" pour dire que l'épidémie est derrière nous, a renchéri Antoine Flahaut, directeur de l'Institut de santé globale de l'université de Genève.