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Héros de la crise, les personnels soignants ont manifesté en France pour réclamer plus de moyens

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Manifestation des personnels soignants à Lyon, le 16 juin 2020
Manifestation des personnels soignants à Lyon, le 16 juin 2020   -   Tous droits réservés  Jeff Pachoud, AFP
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En première ligne dans la crise du coronavirus, les personnels soignants ont manifesté un peu partout en France ce mardi pour réclamer plus de moyens dans les hôpitaux et une revalorisation des rémunérations. Reportage.

Ils ont été applaudis par des millions de français à leurs fenêtres chaque soir à 20h pendant le confinement. Désormais, ce sont eux qui font du bruit pour faire entendre leurs revendications. Médecins, aides-soignants, infirmiers, personnels administratifs, blanchisseurs, personnels des centres médicaux-sociaux… Ils sont descendus dans la rue à Lyon (France) ce mardi pour crier leur désespoir, mais en musique et dans la bonne humeur, afin de dénoncer le manque de moyens humains et matériels dans les hôpitaux ou encore la fermeture de lits.

La faute, selon eux, à des années de coupes budgétaires, d'"inaction" et de mauvais choix politiques. "Ce qui ne marche pas c’est que l'hôpital a besoin de moyens humains, matériels, pour que nous puissions travailler correctement", explique cette déléguée syndicale. "Nos salaires sont gelés depuis 10 ans, il faut que nos salaires soient revalorisés".

"On n'est pas rémunérés plus de nuit que de jour alors que la pénibilité de nuit est connue, c'est sur qu'on n'est pas rémunéré à la hauteur de ce qu'on fait", glisse cette infirmière qui travaille depuis près de 20 ans.

Les syndicats réclament une hausse des rémunérations de 300 euros par mois. Nathalie, par exemple, gagne 1 900 euros nets par mois après plus de 20 ans de travail. Les seules augmentations sont celles de la grille de salaires, ce qui représente à peine quelques centaines d'euros en une longue carrière. Selon des chiffres de l’OCDE de 2015, les infirmiers français sont d'ailleurs parmi les moins bien payés dans les pays d’Europe de l’ouest, derrière l'Espagne et le Royaume-Uni.

"On est responsable d'un service de 24 à 26 patients, on a leur vie entre nos mains, mais on est traités comme de la merde, et si il y a le moindre connerie c'est nous qui prenons", tacle Nathalie, qui avoue avoir aimé que les personnes applaudissant les personnels soignants pendant le confinement aient été à leurs côtés dès le début, avant même le début de la crise, lorsqu'ils alertaient déjà sur leurs conditions de travail et le manque de lits pour accueillir des patients dans de bonnes conditions.

"On a vu mourir des gens aux urgences parce qu’on avait pas assez de lits pour eux"

Lyon, Bordeaux, Marseille, Rennes ; Paris : ils étaient des dizaines de milliers de personnes dans les rues partout en France ce mardi pour faire pression sur le gouvernement après une crise qui a mis en lumière les fragilités des infrastructures de santé, avec des conséquences humaines difficiles à supporter.

"J’ai dû dire à une gamine de 19 ans qu’elle était orpheline à cause du covid-19 parce qu’on n'avait pas de matériel pour soigner sa mère, parce qu’on a dû choisir entre une personne de 20 ans et une personne de 60 ans", confie avec douleur cette soignante. "On a vu mourir des gens aux urgences parce qu’on avait pas assez de lits pour eux".

Emmanuel Macron a promis au début du confinement un plan massif pour les hôpitaux, qui prévoit des investissements et une hausse des rémunérations. Mais de combien ? Les négociations sont en cours mais la confiance n’est guère là. Beaucoup ont vu leurs espoirs douchés par le passé après des annonces de réformes et d'investissements. Nombreux sont ceux qui craignent que ce plan n’accouche que de "mesurettes". "Pour moi c'est que du pipeau", glisse cette blanchisseuse.