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Colonisation : les "profonds regrets" du roi des Belges

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Colonisation : les "profonds regrets" du roi des Belges
Tous droits réservés  Virginia Mayo/AP
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Pour la première fois, le roi Philippe de Belgique exprime ses "profonds regrets" pour les souffrances causées aux Congolais à l'époque de la colonisation.

La Belgique amenée à se pencher sur son passé colonial. Dans le sillage du mouvement "Black Lives Matter" ("La vie des Noirs compte"), venu des Etats-Unis, des statues du roi Léopold II ont été vandalisées, dans plusieurs villes du pays, comme à Bruxelles. De la peinture rouge a été répandue pour symboliser le sang versé notamment par les Congolais au siècle dernier.

Face à ce réveil de l'opinion, l'actuel roi des Belges a officiellement exprimé ses "profonds regrets" pour les blessures infligées aux populations de ce qui était alors le Congo Belge.

Le roi Philippe a adressé une lettre au président congolais Félix Tshisekedi à l'occasion du soixantième anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans ce courrier, le roi des Belges admet que "des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective".

Et de reconnaître des "discriminations encore trop présentes dans nos sociétés".

Une partie de l'opinion réclame plus que des "regrets", des excuses pour les souffrances causées par la colonisation.

La Première ministre, de son côté, a émis le souhait d'un débat sans tabou sur cette histoire commune entre Belges et Congolais.

Au début des années 2000, une commission d'enquête parlementaire s'était penchée sur le contexte de l'assassinat en janvier 1961 de Patrice Lumumba, éphémère Premier ministre du Congo. Elle avait conclu à la "responsabilité morale" de "certains ministres et autres acteurs" belges.

"Avenir radieux et harmonieux"

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) et plusieurs responsables politiques et d'ONG ont salué les "regrets" historiques du roi des Belges Philippe sur le passé colonial de son pays au Congo, certains demandant des réparations.

Avec des mots forts, le président congolais Félix Tshisekedi a rappelé qu'il considérait la Belgique, où il a vécu en exil, comme son "autre Congo", dans son allocution télévisée.

Le chef de l'Etat congolais a rendu hommage au souverain belge "qui, tout comme moi, cherche à renforcer les liens entre nos deux pays sans renier notre passé commun mais dans l'objectif de préparer un avenir radieux et harmonieux".