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En Italie, un plan de régularisations qui peine à tenir ses promesses

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En Italie, un plan de régularisations qui peine à tenir ses promesses
Tous droits réservés  Alessandra Tarantino/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Ce devait être la solution à la pénurie de main d'oeuvre agricole pour cause de pandémie. Depuis le 1er juin, le gouvernement italien autorise la régularisation des migrants dont le permis de séjour a expiré il y a moins de huit mois. Mais les chiffres sont loin des attentes : 32 000 demandes les deux premières semaines de juin sur environ 600 000 sans papiers en Italie. Rome a fixé l'objectif à 200 000 régularisations.

Sur le terrain, peu de changements

Dans le campement de Borgo Mezzanone, dans le sud du pays, vivent près de 3000 migrants. La plupart travaillent dans les exploitations agricoles des environs. Pour eux, rien n'a changé.

« Nous n'avons pas le choix, confie Kenneth, un travailleur agricole venu du Ghana. Il faut bien manger, gagner sa vie d'une manière ou d'une autre, et nous ne voulons pas voler. Mais on travaille comme des esclaves ici, sans contrat. »

D'après le décret de régularisation, les employeurs peuvent faire la démarche pour les travailleurs agricoles moyennant une contribution de 500 euros.

« Nous travaillons très dur, assure Kenneth, mais nos patrons refusent de nous aider à faire la demande. »

Ici, les conditions de vie sont extrêmement précaires. Il n'y a pas de toilettes et l'eau courante, absente pendant des années, a été installée il y a quelques mois.

« 10 à dormir dans une même pièce »

« Nous sommes 10 migrants à dormir dans une même pièce, raconte Kenneth. Si le Covid arrive, que peut-on faire ? On mourra tous. »

Cela fait sept ans que Mikael tente de se faire régulariser. Comme beaucoup d'autres travailleurs agricoles, il est payé trois euros de l'heure, bien moins que le salaire minimum.

_« Sans papiers, tu ne peux rien faire, tu ne peux pas payer les impôts, e_xplique-t-il. Et quand tu travailles au noir, c'est le chef de bande qui prend tout l'argent. Si nous, les Noirs, nous n'étions pas là pour travailler, la récolte ne se ferait pas. »

Dans ce ghetto, ils sont seulement une cinquantaine de sans papiers sur près de 3000 à avoir fait une demande. Beaucoup viennent se renseigner sur la nouvelle mesure auprès de l'association Anolf Foggia.

« J'ai amené le document à mon patron, et quand je le lui ai donné, il m'a dit qu'il n'avait rien à faire avec ce papier », raconte un jeune migrant.

Trop de conditions et une contribution financière que les employeurs ne sont pas disposés à payer : pour cette association, ce sont les grandes faiblesses de ce plan de régularisation. Et sa prolongation jusqu'au 15 août ne devrait guère changer la donne.

La toile de fond reste la même et c'est bien celle de l'exploitation, en cette période de récolte plus que jamais, plan de régularisation ou pas.