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Mali : des leaders de la contestation ont été relâchés (avocats)

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Manifestants à Bamako, le 10 juillet 2020.
Manifestants à Bamako, le 10 juillet 2020.   -   Tous droits réservés  Baba Ahmed/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Les leaders de la contestation malienne arrêtés en fin de semaine dernière ont été relâchés, ont indiqué leurs avocats. Reste à savoir si cela apaisera les manifestants qui réclament un changement à la tête du pays.

"Mes trois clients Choguel Maïga, Kaou Djim et l'imam (Oumarou) Diarra viennent d'être libérés". C'est par ces mots à l'AFP que leur avocat Me Alifa Habib Koné a informé de ce rebondissement dans la crise malienne.

Les trois hommes, considérés comme des leaders du mouvement de contestation, avaient été arrêtés en fin de semaine dernière à Bamako.

Les représentants de l'Union africaine, de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), de l'ONU et de l'UE au Mali avaient réclamé leur libération dans un communiqué commun. Ils la disaient nécessaire au dialogue entre le pouvoir et la contestation.

L'appel au calme de l'imam Dicko

L'un des leaders du mouvement de contestation, l'iman Mahmoud Dicko, a appelé dimanche les manifestants au calme.

Je demande encore une fois à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme (...) Je demande à tout un chacun de garder son calme, d'aller vraiment vers une situation d'apaisement et non de violence.
Nous devons faire preuve de retenue, mais la lutte continue (...) pour la refondation du Mali.
Mahmoud Dicko
Imam, figure de l'opposition

Une contestation inédite en 7 ans

Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue ces derniers jours pour réclamer la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta.

Au pouvoir depuis 2013, "IBK" cristallise la colère d'une partie des Maliens, qui l'accusent de corruption, et de ne rien faire face aux problèmes sécuritaires et économiques du pays.

Les heurts qui ont éclaté avec les forces de l'ordre ont fait au moins 11 morts et des dizaines de blessés.

Une multitude de mécontentements

Si cette contestation populaire gronde depuis plusieurs années, elle a connu un nouveau souffle après les élections législatives de mars et avril dernier. Une coalition hétéroclite de leaders religieux, de personnalités du monde politique et de la société civile s'est agglomérée autour de l'imam Dicko pour porter la protestation.

Ce mouvement dit "du 5-Juin" canalise une multitude de mécontentements dans l'un des pays les plus pauvres du monde : contre la dégradation sécuritaire et l'incapacité à y faire face, le marasme économique, la défaillance de l'Etat, ou le discrédit répandu d'institutions suspectes de corruption.

Le président Keïta a tenté plusieurs gestes d’apaisement. ll annoncé samedi soir la "dissolution de fait" de la Cour constitutionnelle. Cette dernière se trouvait dans le viseur des manifestants, pour avoir décidé d’invalider une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril. Mais cela n'a pas suffit à faire retomber la fièvre populaire.

La libération des leaders de la contestation permettra-t-elle d'apaiser les tensions ? Réponse dans les prochaines heures.