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Le Pentagone va retirer 12 000 soldats d'Allemagne

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Le Pentagone va retirer 12 000 soldats d'Allemagne
Tous droits réservés  CHRISTOF STACHE/AFP or licensors
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Les États-Unis ont annoncé ce mercredi le retrait d'environ un tiers de leurs troupes stationnées en Allemagne, soit près de 12 000 soldats. Une mesure présentée comme "stratégique", mais avant tout punitive : Donald Trump estime que Berlin ne contribue pas assez à l'Otan.

L'Armée américaine va réduire d'environ un tiers son contingent en Allemagne, premier point d’ancrage américain sur le sol européen hérité de la Seconde Guerre mondiale, où près de 35 000 GI sont basés aujourd'hui.

Les annonces ont été faites dans la journée par le chef du Pentagone Mark Esper. "Sur ces 11 900 hommes qui vont se retirer, près de 5 600 vont être redéployés au sein de l'OTAN et environ 6 400 vont retourner aux États-Unis, bien que la beaucoup d'entre eux, ou des unités similaires, vont reprendre une série de déploiements rotatifs en Europe", a déclaré le Secrétaire à la Défense.

Aucun départ massif de troupes n'est à attendre prochainement, a précisé le n° 2 de l'Etat major, qui évoque un "concept", qu'il faut désormais transformer en "plan".

C'est principalement la région de Stuttgart, qui sera affectée. C'est là que siégeait le commandement américain en Europe, qui sera transféré à Mons, en Belgique, près du quartier général de l'Otan.

L'escadrille d'avions de chasse F16 de Spangdahlem sera également déménagée en Italie, plus près de la mer noire, où ils pourront protéger le flanc sud-est de l'Otan, a indiqué le ministre de la Défense.

Stratégie ou punition ?

Mark Esper a justifié ce retrait de "stratégique", notamment pour mieux contrer la menace russe. Mais dans la foulée, Donald Trump s'est dit prêt à l'annuler si l'Allemagne augmentait sa contribution financière à l'Otan. "On en a marre d'être des pigeons", a déclaré depuis la Maison Blanche le milliardaire républicain. "Nous réduisons nos forces parce qu'ils ne paient pas. C'est très simple".

Le sujet de discorde avait été abordé dans des termes plus diplomatiques par son secrétaire d'Etat lors de la conférence de presse officielle :

"L'Allemagne est le pays le plus riche d'Europe. L'Allemagne peut et devrait payer davantage pour sa défense. Elle devrait absolument d'aligner avec la base de 2 % de PIB, et d'après moi devrait même aller au-delà. Je l'ai dit en public, je l'ai dit en privé à mes homologues, tout en soulignant l'importance de l'Otan", avait asséné Mark Esper.

L'Allemagne "sert avant tout"

En Allemagne, la nouvelle a été mal reçue. Pour Norbert Röttgen, à la tête du comité des Affaires étrangères du Bundestag, le départ américain va avant tout "fragiliser l'alliance atlantique". Selon lui, certes, les États-Unis protègent l’Allemagne. Mais le pays "sert avant tout aux États-Unis de centre logistique".

Même son de cloche du côté du chef du gouvernement régional de Bavière, Markus Söder : "Le bénéfice militaire n'est pas apparent. À long terme, elle affaiblit même l'OTAN et les États-Unis eux-mêmes". Le maire de Stuttgart Fritz Kuhn a regretté une "mesure punitive contre un allié".