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Bélarus : l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa se réfugie en Lituanie

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Bélarus : l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa se réfugie en Lituanie
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A-t-elle agi sous les pressions, les menaces ou le chantage ? La volte-face est en tout cas radicale. Celle qui clamait lundi encore la victoire à la présidentielle bélarusse a trouvé refuge en Lituanie.

L'opposante Svetlana Tikhanovskaïa annonce sa décision dans une vidéo rendue publique ce mardi. Elle y apparaît les traits tirés et la voix vacillante.

« Je pensais que cette campagne m'avait endurcie et donné la force de tout supporter, dit-elle. Mais je suis sans doute restée la femme faible que j'étais au début. Beaucoup me comprendront, beaucoup de condamneront, beaucoup me haïront. Mais vous savez, Dieu pardonne ceux qui sont confrontés au choix qui s'est imposé à moi. Alors, soyez vigilants. Ce qui arrive actuellement ne mérite pas de sacrifier des vies. »

Elle s'était présentée après l'emprisonnement de son mari candidat et d'après les résultats officiels, elle n'aurait obtenu que 10 % des voix dimanche face à l'indéboulonable Alexandre Loukachenko, ce qu'elle conteste. Dans sa vidéo, Svetlana Tikhanovskaïa fait allusion à ses enfants, envoyés à l'étranger durant la campagne. « Les enfants sont ce qu'il y a de plus important dans la vie », dit-elle.

« Elle est en Lituanie maintenant, en sécurité, et elle a retrouvé ses enfants », affirme le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevičius.

Depuis dimanche, des milliers de Biélorusses manifestent dans la rue de Minsk, mais sont violemment réprimés par les forces anti-émeutes. 5 000 personnes ont été arrêtées, et un homme est mort lundi soir. Des événements qui inquiètent la Commission européenne :

"L'incroyable harcèlement et les pressions qui sont exercées contre les candidats, contre leurs équipes, contre les journalistes, les blogueurs, les militants, les manifestants pacifiques, au lendemain du vote, le niveau de violence, tout ceci est inacceptable. Nous les condamnons et nous demandons aux autorités biélorusses de libérer tous ceux qui sont détenus illégalement pour des raisons purement politiques", a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano.

En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères a appelé l’Union européenne à rétablir « très rapidement » les sanctions contre le Bélarus. Des sanctions qui avaient été quasi totalement levées, après le soutien de Minsk pour désamorcer la crise ukrainienne.