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Le PIB du Royaume-Uni chute de 20,4% au deuxième trimestre

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Borough Market, à Londres, le 3 avril 2020
Borough Market, à Londres, le 3 avril 2020   -   Tous droits réservés  Frank Augstein/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Le célèbre Borough Market dans le sud-est de Londres n'avait jamais été aussi vide. Ces allées désertées depuis plusieurs semaines par les clients sont le reflet du marasme économique qui frappe le Royaume-Uni. Confronté à une récession "record", son PIB a chuté de 20,4% au deuxième trimestre de 2020.

"Il y a normalement 21,5 millions de visiteurs ici chaque année, nous serons chanceux cette année si nous en avons 3 millions" se désole Darren Henaghan, directeur général du marché londonien.

Sur place, un vendeur de spécialités irakiennes, Phil Juma, constate jour après jour les dégâts causés par la pandémie. En l'absence de clients, le commerçant casse ses prix pour attirer les rares passants.

"La fin du programme de soutien au chômage va poser un vrai problème avec mon personnel. Ils reçoivent 80% de leur salaire chaque mois. je n'ai même pas chiffré cela lorsque le programme va s'arrêter" s'inquiète-t-il.

Il s'agit de la plus forte contraction de l'économie britannique depuis que l'ONS (Office national des statistiques) a commencé ces statistiques trimestrielles en 1955. L'ampleur historique de cette récession reflète les restrictions de déplacements et d'activité qui ont eu lieu à partir de l'entrée en vigueur du confinement dans le pays, le 23 mars.

Explosion de la précarité

À quelques centaines de mètres du commerce de Phil Juma, un dépôt de banque alimentaire géré par l'association Fareshare a constaté que la demande de nourriture a été multipliée par huit.

"La pandémie a mis en évidence des personnes qui étaient à la limite de la pauvreté, et les a fait basculer" explique Rachel Ledwith, directrice du développement de l'association. "La pauvreté a frappé un large éventail de personnes. Je pense que cela met en évidence la rapidité avec laquelle les gens peuvent basculer" indique-t-elle.

Les statistiques montrent que le nombre de personnes employées au Royaume-Uni a chuté de 730 000 entre mars et juillet, sa pire dégringolade depuis la crise financière de 2009. Certains analystes estiment que ce n'est que le début.

"Lorsque le programme de soutien au chômage prendra fin, il y aura un risque de véritable bain de sang pour l'emploi" prédit Garry Young, directeur adjoint de l'Institut national des recherches économiques et sociales. "Il y aura une forte augmentation du chômage à ce moment-là et cela affectera le reste de l'économie".