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L'Ukraine se dit prête à accueillir les Bélarusses fuyant la répression

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L'Ukraine se dit prête à accueillir les Bélarusses fuyant la répression
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L'Ukraine s'est dite vendredi prête à accueillir les Bélarusses fuyant la répression dans leur pays, alors que Kiev a gelé ses contacts avec son voisin, sur fond de crise politique liée à la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.

"Les citoyens bélarusses qui tenteront d'entrer en Ukraine en cherchant à fuir la crise vont bénéficier d'un régime préférentiel", a déclaré à la presse le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba.

Certains Bélarusses, notamment ceux travaillaient dans les secteurs de l'internet et des technologies, sont déjà arrivés en Ukraine ces dernières semaines, par crainte de la répression du mouvement de contestation par le président Loukachenko.

Cette mesure a été annoncée quelques heures après la fermeture des frontières ukrainiennes à la plupart des étrangers pour une durée de 30 jours, sur fond de nouvelle flambée de l'épidémie de coronavirus dans certaines régions du monde.

Kiev a par ailleurs annoncé le gel des contacts avec Minsk, où Alexandre Loukachenko est confronté à un mouvement de protestation inédit demandant son départ, ce qu'il refuse catégoriquement jusqu'à présent.

"Tous les contacts ont été mis en pause jusqu'à la stabilisation de la situation au Bélarus", a souligné le ministre, tout en appelant à l'organisation d'une "nouvelle élection honnête et transparente".

Les Ukrainiens suivent de près les protestations au Bélarus, qui leur rappellent le soulèvement pro-européen du Maïdan à Kiev, réprimé dans le sang, qui a débouché en 2014 à la chute de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch et sa fuite en Russie.

Le 22 août déjà, dans une interview exclusive pour Euronews, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à la tenue de nouvelles élections. "Imaginons que j'ai confiance en moi, que j'ai confiance dans le vote du peuple. Comment puis-je calmer tout le monde ? Je dirais certainement : dans un mois, il y aura un nouveau vote. Et je me présenterais à cette nouvelle élection. Qui veut se présenter ? J'invite tout le monde, tous les observateurs internationaux, tous ! Et je dirais au peuple bélarusse : S'il vous plaît, élisez qui vous voulez", avait-il déclaré.

"Disque rayé"

Il y a quelques jours, dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères du Bélarus en appelait au soutien de son voisin : "L'Ukraine est un pays frère. En ce moment difficile pour notre pays, nous aimerions voir un peu de soutien ou du moins de compréhension, mais pas des conseils qui sonnent déjà comme un disque rayé. Nous n'en avons pas besoin pour l'instant."

Ce à quoi la diplomatie ukrainienne avait répondu : "Nous comprenons la surcharge émotionnelle que vivent nos collègues du ministère des affaires étrangères bélarusse mais nous leur recommandons de ne pas rejeter les précieux conseils d'amis (...) L'expérience de la révolution en Ukraine montre qu'ignorer l'opinion publique et les conseils des amis, et utiliser les matraques, est un chemin qui ne mène nulle part."

Deux jours plus tard, Alexandre Loukachenko enfonçait le clou en répondant à l'Ukraine par la négative. "Le massacre diplomatique a commencé contre nous au plus haut niveau. Les voisins instables du Bélarus ne parlent pas seulement ouvertement de nouvelles élections mais commencent également à s'immiscer dans nos affaires intérieures", avait-il mis en garde.