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Environnement : plus d'un décès sur huit lié à la pollution dans l'Union européenne

Archives : signalisation sur le périphérique de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, indiquant un pic de pollution le 6 août 2018
Archives : signalisation sur le périphérique de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, indiquant un pic de pollution le 6 août 2018   -   Tous droits réservés  MEHDI FEDOUACH/AFP
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Alors que le nouveau coronavirus retient toute l'attention, un autre fléau, la mauvaise qualité de l'air, est responsable de bien plus de décès dans l'Union européenne. Ainsi, 13% des morts sont liés à la pollution dans les pays de l'UE, selon un rapport publié mardi de l'Agence européenne de l'environnement (AEE), pour qui la crise sanitaire actuelle est un signal devant accélérer une prise de conscience de la relation entre environnement et santé.

"L'émergence de ces agents pathogènes zoonotiques (comme dans le cas du Covid-19) est liée à la dégradation de l'environnement et aux interactions entre l'homme et les animaux dans le système alimentaire", affirme l'étude qui souligne que les Européens sont en permanence exposés à des risques environnementaux : pollution de l'air - qui si elle a nettement diminué demeure le premier facteur de mortalité, pollution sonore, et par produits chimiques.

Dans les 27 pays de l'UE et au Royaume-Uni, 630 000 décès pouvaient être attribués directement ou indirectement à un environnement pollué en 2012 selon les derniers chiffres disponibles, indique le rapport qui relève d'importantes différences entre l'ouest et l'est de l'Europe et selon le niveau socio-économique.

Le rapport de l'AEE ajoute également que "la pollution atmosphérique demeure la principale menace environnementale pour la santé en Europe. Chaque année, plus de 400 000 décès prématurés sont ainsi dus à la pollution atmosphérique au sein de l’UE".

A titre de comparaison, la pandémie de Covid-19 a occasionné la mort de 182 839 personnes depuis le début 2020 dans les pays de l'Union européenne et de l'Espace économique européen ainsi qu'au Royaume-Uni selon les données du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Différences marquées entre l'ouest et l'est de l'Europe et les niveaux socio-économiques

Ainsi, en tête de peloton, la Roumanie enregistre près d'un décès sur cinq lié à la pollution tandis que les meilleurs élèves, la Suède et le Danemark, en déplorent un sur dix.

AP Photo/Andreea Alexandru
Manifestants pointant du doigt la pollution atmosphérique dans la capitale roumaine, Bucarest, le 14 février 2020AP Photo/Andreea Alexandru

Principalement liées à des cancers, des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, "ces morts pourraient être évitées en éliminant les risques environnementaux mauvais pour la santé", souligne l'AEE.

"Les personnes les plus pauvres sont exposées de manière disproportionnée à la pollution et aux conditions météorologiques extrêmes, y compris les vagues de chaleur et le froid extrême. Cela est lié à l'endroit où ils vivent, travaillent et vont à l'école, souvent dans des zones socialement défavorisées et des quartiers en périphérie des grands axes de circulation", note le rapport.

L'eau, facteur de satisfaction

Point positif pour l'environnement européen : la qualité de l'eau, "excellente" dans plus de 85% des cas pour les eaux de baignade. En ce qui concerne l'eau potable, 74% des zones d'eaux souterraines présentent un "bon statut chimique".

Gyorgy Varga/MTI via AP
Vue du lac Balaton, en Hongrie, le 30 juillet 2020Gyorgy Varga/MTI via AP

Selon l'agence, pour améliorer santé et environnement en Europe, il faut plébisciter les espaces verts, lieux d'activité physique, de détente mais aussi d'intégration sociale, qui "rafraîchissent les villes pendant les canicules, atténuent les inondations, réduisent la pollution sonore et soutiennent la biodiversité urbaine".

En outre, parcs et jardins se sont avérés précieux pour la santé mentale et le bien-être pendant la pandémie de Covid-19, souligne l'agence européenne.

La réduction de la circulation routière, la baisse de la consommation de viande et le retrait des subventions aux énergies fossiles comptent parmi les autres solutions qu'elle propose.

Première Journée internationale de l'air pur

La sortie du rapport de l'AEE pointant du doigt la responsabilité de la pollution atmosphérique dans des centaines de milliers de décès dans l'Ue coïncide avec la "célébration", ce 7 septembre, de la première Journée internationale de l'air pur pour des ciels bleus.

Cette initiative a été prise sous l'égide des Nations unies afin "de sensibiliser l'opinion publique et de promouvoir les actions visant à améliorer la qualité de l'air". La pollution atmosphérique est responsable de la mort prématurée de 7 millions de personnes chaque année dans le monde, selon l'ONU.