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Algérie : le verdict du procès en appel du journaliste Khaled Drareni attendu ce mardi

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Khaled Drareni, le 6 mars 2020
Khaled Drareni, le 6 mars 2020   -   Tous droits réservés  RYAD KRAMDI/AFP or licensors
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Il garde le sourire, à l'instar de sa combativité, mais il le sait : la bataille judiciaire sera serrée. Déjà repoussé à quatre reprises à cause du coronavirus, le procès de l'opposant algérien Karim Tabbou a été reporté ce lundi au 26 octobre, cette fois à la demande de la défense.

Figure emblématique du mouvement populaire antirégime, né début 2019, ce chef d'un petit parti d'opposition non agréé, l'Union démocratique et sociale (UDS), a déjà été condamnée pour "atteinte à l’intégrité du territoire national". Il avait été détenu pendant neuf mois avant une libération conditionnelle le 2 juillet dernier.

Maisil est désormais poursuivi pour "atteinte au moral de l'armée", pour avoir critiqué le régime et l'armée en mai 2019. Karim Tabbou fait partie du Hirak, ce mouvement populaire qui réclame un profond changement du "système" politique en place depuis l'indépendance et qui a déjà provoqué le départ du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans au pouvoir.

"Comme vous le savez, je suis otage de ces affaires judiciaires mais bon, nous allons nous battre. C'est un combat qui est un combat politique, un combat judiciaire, un combat de mobilisation. Je suis serein et encore une fois, je suis décidé à mener ce combat", a-t-il déclaré devant ses supporters ce mardi, à Alger.

Mais il est loin d'être le seul dans la bataille. Autre figure du combat pour les libertés, le journaliste Khaled Drareni doit connaître le verdict de son procès en appel ce mardi. Il avait été condamné le 10 août à trois ans d'emprisonnement et à une amende de 50 000 dinars pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale".

Mais le journaliste assure avoir seulement fait son travail en couvrant le mouvement de contestation, et Reporters sans frontières dénonce une tentative d'intimidation envers les journalistes.

Des procès qui alimentent la colère des militants pro-Hirak, jusqu'à Paris, où plusieurs centaines de manifestants, binationaux ou membres de la diaspora algérienne, ont défilé dimanche pour demander la libération de ces détenus.

Selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), 45 personnes liées d'une manière ou d'une autre au mouvement de protestation se trouvent actuellement derrière les barreaux.

De son côté, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a assuré qu'"il n'y a pas de détenus d'opinion en Algérie" dans les colonnes du quotidien arabophone El-Likaa.