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Arméniens et Azerbaïdjanais déterminés au combat

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Un militaire arménien tire au canon en direction des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh mardi 29 septembre 2020.
Un militaire arménien tire au canon en direction des positions azerbaïdjanaises dans le Haut-Karabakh mardi 29 septembre 2020.   -   Tous droits réservés  Photo : Sipan Gyulumyan (Armenian Defense Ministry Press Service/ ArmGov /PAN Photo) - Via ASSOCIATED PRESS
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L'Arménie a jugé mercredi prématuré l'idée de pourparlers avec l'Azerbaïdjan sous l'égide de la puissance régionale russe, au quatrième jour de combats sanglants au Haut-Karabakh, territoire séparatiste azerbaïdjanais soutenu par Erevan.

Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a fermé la porte à des négociations de paix immédiates, quelques heures après un vote unanime du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à la fin des hostilités et à "reprendre sans tarder des négociations".

"Il est inapproprié de parler d'un sommet Arménie-Azerbaïdjan-Russie alors que des combats intenses sont en cours", a-t-il répondu à des médias russes l'interrogeant, selon l'agence Interfax, estimant que "pour des négociations, il faut une atmosphère et des conditions adéquates".

La Russie, puissance régionale du Caucase du Sud, entretient des relations cordiales avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan, d'ex-républiques soviétiques. Erevan fait partie d'une alliance militaire dominée par Moscou, qui fournit des armes aux deux camps.

Le Kremlin, qui réclame la fin immédiate des combats, les plus graves depuis 2016, s'est dit disposé à une médiation, une guerre ouverte entre Bakou et Erevan risquant de déstabiliser une région déjà volatile où les intérêts de nombreuses puissances sont en concurrence.

La Russie, avec la France et les Etats-Unis, copréside le Groupe de Minsk qui depuis 1992 n'est pas parvenu à trouver une solution durable au conflit du Haut-Karabakh, un territoire ayant fait sécession de l'Azerbaïdjan avec le soutien arménien. Une guerre au début des années 1990 y avait déjà fait 30 000 morts.

Des combats meurtriers

Selon des bilans officiels probablement très partiels, les combats d'ampleur qui ont éclaté dimanche ont coûté la vie à 98 personnes, dont 81 combattants séparatistes arméniens et 17 civils des deux côtés du front.

L'Azerbaïdjan n'a communiqué aucune perte militaire et les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

Le nombre de morts s'annonce bien plus important. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense indique que "d'intenses combats se poursuivent" mercredi, et que depuis le weekend, 2 300 séparatistes arméniens ont été tués.

Tout en accusant son adversaire de viser des positions civiles, il revendique la destruction de 130 chars, 200 pièces d'artillerie, 25 batteries antiaériennes et des missiles sol-air S-300.

Le porte-parole du ministère arménien de la Défense Artsroun Hovhannissian a lui revendiqué "137 chars et blindés détruits, 72 drones et 7 hélicoptères et un avion de guerre abattus. 790 soldats azerbaïdjanais ont été tués et 1 900 blessés".

L'ensemble de ces données était invérifiable de source indépendante.

Dans les deux pays, une rhétorique belliqueuse ces derniers mois a nourri la ferveur patriotique. La mobilisation et la loi martiale y ont été décrétées. Et des hommes en âge de combattre se portent volontaires pour le front.

Risque d'internationalisation

L'Arménie a elle affirmé mardi qu'un chasseur-bombardier turc soutenant l'Azerbaïdjan avait abattu un de ses avions militaires, ce qu'ont aussitôt démenti Ankara et Bakou.

Or, une intervention militaire directe turque marquerait un tournant majeur et l'internationalisation du conflit, un éventuel scénario catastrophe.

Ankara est la seule puissance à ne pas avoir appelé à un cessez-le-feu, encourageant au contraire son allié azerbaïdjanais à reprendre le contrôle du Karabakh par la force, et conspuant l'Arménie, son adversaire historique.

Le Kremlin a lui appelé mardi la Turquie, avec qui Moscou entretient des relations compliquées mais pragmatiques, à s'abstenir de jeter "de l'huile sur le feu" et œuvrer pour la paix.

"Nous sommes près d'une guerre à grande échelle, peut-être même à l'échelle régionale", s'inquiète Olesya Vartanyan, analyste du International Crisis Group.

Les ONG de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch et Amnesty international ont elles appelé les belligérants a ne pas "viser" les populations civiles.