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Procès du "tueur de Twitter" au Japon : ses victimes ont fini démembrées dans des glacières

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Par Joël Chatreau
Archives : la prison de haute sécurité de Tokyo - capitale du Japon -, le 10 juin 2019
Archives : la prison de haute sécurité de Tokyo - capitale du Japon -, le 10 juin 2019   -   Tous droits réservés  Koji Sasahara/AP
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Le Japonais Takahiro Shiraishi s'est fait un nom parmi les tueurs en série les plus célèbres dans le monde grâce à un mode opératoire tout à fait adapté à l'utilisation quotidienne massive des réseaux sociaux : il a chassé ses "proies" humaines sur le réseau Twitter, réussissant à en piéger et à en assassiner au moins 9 en seulement quelques années.

C'est certainement pour cela que le procès du "serial killer de Twitter" - le surnom qui lui est donné depuis son arrestation il y a trois ans -, procès qui s'est ouvert le 30 septembre devant un tribunal de Tokyo, suscite déjà tant d'engouement de la part de la population nippone. La télévision publique NHK a décrit des scènes de quasi bousculade parmi les centaines de personnes qui essayent d'entrer dans la salle d'audience. Il faut dire que 13 places, pas une de plus, y sont réservées au grand public.

Les aveux complets du "tueur de Twitter"

Les quelques heureux élus admis au procès n'ont toutefois pas eu droit au suspense attendu. Takahiro Shiraishi, âgé de 29 ans (en photo ci-dessous), est rapidement passé aux aveux devant les juges. Aux neuf chefs d'accusation de meurtres de jeunes femmes ayant entre 15 et 26 ans, il a répondu par une petite phrase lapidaire : "Ils sont tous corrects".

Le 31 octobre 2017, alors que la fête d'Halloween battait son plein, même au Japon, les policiers dépêchés au domicile du tueur, dans la ville de Zama - située dans la préfecture de Kanagawa, au centre du pays -, ont vécu l'horreur, mais pour de vrai... Ils ont découvert des morceaux de corps dans des glacières et de très nombreux os rassemblés dans des boîtes à outils ; les ossements étaient recouverts de contenu de litières pour chats afin de les cacher.

Des victimes toujours fragiles et suicidaires

Pour agir, Shiraishi a profité avec perversité du grand mal de son pays, le suicide, qui détruit plus de 20 000 vies par an sur l'archipel. Comme l'a établi l'enquête, Il suivait minutieusement les comptes Twitter des femmes qui avaient le malheur d'exprimer par ce moyen leur souffrance dépressive et leurs idées suicidaires. Puis, il les contactait sur le même réseau social en leur faisant croire qu'il était lui-même au bord du suicide et qu'il pouvait les aider à passer à l'acte, y compris en se donnant la mort à leurs côtés.

Les avocats du tueur en série ont fait leur travail en plaidant le "consentement" des victimes, sous prétexte qu'elles se disaient suicidaires, devant le tribunal de Tokyo. Ils savent bien que dans ce cas, la peine à l'encontre de leur client ne pourrait monter qu'à sept ans de prison maximum. Mais, autre coup de théâtre du procès, l'accusé a mis par terre la stratégie de sa propre défense.

La presse nippone a rapporté sa déclaration :

Il y avait des contusions derrière la tête des victimes. Cela veut dire qu'il n'y a pas eu consentement et je l'ai fait pour qu'elles ne résistent pas

Takahiro Shiraishi risque donc clairement la peine de mort. Au Japon, ça signifie la pendaison.