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Brexit : le "no deal" serait-il viable ?

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Brexit : le "no deal" serait-il viable ?
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Alors, que veut dire Brexit ? Jusqu'à ce qu'un accord finisse par être trouvé entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, cela reste à voir. Mais s'il n'y a pas d'accord, l'issue sera beaucoup plus claire et les conséquences bien plus radicales.

« Il est historiquement très rare de voir un pays rétablir des barrières commerciales avec son principal partenaire, rappelle Thomas Sampson, professeur associé à la London School of Economics. Du point de vue de la recherche uniquement, c'est une expérience très intéressante qui se profile. »

Faute d'accord sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et les 27, ce sont les règles de l'Organisation mondiale du commerce qui s'appliqueraient.

Des taxes douanières "massue"

Les prestataires de services comme les avocats d'affaires ou les conseillers financiers, seraient très limités dans l'exercice de leurs fonctions à l'étranger. Et l'impact serait massif pour les échanges de biens, qui seraient lourdement taxés.

Des droits de douane de 10 % seraient à prévoir sur les voitures, et ils pourraient grimper jusqu'à 90 % pour certaines pièces de bœuf.

« Dans l'éventualité d'un "no deal", la donne change complètement, confirme David Henig, du European Centre For International Political Economy. Les taxes douanières seront telles qu'il ne sera pas économiquement viable d'exporter, donc le mieux serait encore de ne pas exporter du tout les produits agricoles les plus taxés. »

Des économies très liées

Les économies britannique et européenne sont étroitement liées. L'an dernier, le Royaume-Uni a écoulé 43 % de ses exportations en Europe. Et d'après le FMI, les exportations européennes vers le Royaume-Uni depuis le divorce sont de l'ordre de 13 %.

« Pour l'UE, ce serait certainement ennuyeux, un coup dur économique, mais c'est sans comparaison avec la crise que connaîtrait le Royaume-Uni », prévient David Henig.

« Nous allons en apprendre beaucoup selon la rapidité avec laquelle le commerce réagit, les industries les plus touchées et l'ampleur de l'impact », confie Thomas Sampson.

Deal ou no deal, une chose est sûre, les contrôles seront de retour aux frontières car le Royaume-Uni a choisi de quitter l'union douanière européenne.

Et pour peu qu'un grain de sable s'immisce dans le processus, il faudra s'attendre à d'interminables files de camions à Douvres et à Calais.

Pour éviter cela, un accord doit être trouvé avant le 31 décembre, date à laquelle la période de transition expirera. Et même en cas de No deal, beaucoup s'attendent à ce que tôt ou tard, les négociations reprennent tant un rétablissement permanent des taxes douanières semble invraisemblable.