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En Europe, les mesures restrictives se multiplient face au Covid-19

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Un garçon testé en voiture à l'hôpital San Paolo, Milan, le 15 octobre 2020, Italie
Un garçon testé en voiture à l'hôpital San Paolo, Milan, le 15 octobre 2020, Italie   -   Tous droits réservés  Luca Bruno/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Face à l'augmentation du nombre de cas de Covid-19 en Europe, des mesures restrictives sont prises aux quatre coins du continent pour tenter de freiner la propagation du virus.

En Allemagne, Berchtesgaden se confine

Un district du sud-est alpin de l'Allemagne se met de facto en quarantaine mardi après avoir enregistré plus de 200 nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine, le plus haut niveau dans un pays qui reste encore l'un des meilleurs élèves en Europe.

Les écoles, restaurants et autres établissements du district de Berchtesgaden, à la frontière autrichienne, sont fermés pendant 14 jours. Les hôtels y sont fermés aux touristes et les résidents ne peuvent quitter leur domicile que pour de bonnes raisons.

D'autres régions d'Allemagne envisagent de nouvelles restrictions moins onéreuses à mesure que les infections augmentent. Le centre national de contrôle des maladies a déclaré que le pays, qui compte 83 millions d'habitants, a enregistré 6 868 nouveaux cas au cours de la journée écoulée, soit moins que le record de 7 830 enregistré samedi, mais beaucoup plus qu'une semaine plus tôt.

Beaucoup de grandes villes allemandes ont dépassé le niveau de 50 nouveaux cas pour 100 000 habitants en une semaine, ce qui est censé déclencher de nouvelles restrictions locales. Mardi, toute la région industrielle de la Ruhr, dans l'ouest de l'Allemagne, se situait au-dessus de ce chiffre.

Deux régions italiennes se préparent au couvre-feu

En Italie, la région de la Lombardie se prépare à imposer un couvre-feu nocturne. Il s'agit de la mesure la plus restrictive que le pays ait connue depuis la sortie du confinement national au printemps. De 23 heures à 5 heures du matin, les habitants devront rester chez eux, une nouvelle règle qui entrera en application dans la nuit de jeudi à vendredi, et qui devrait durer jusqu'au 13 novembre. La région de Campanie est également concernée. Ces régions, sont très "dynamiques et actives" selon Francesco Bini, chef du service de pneumologie de l'hôpital de Garbagnate. "Les virus respiratoires n'ont pas de jambes. Ce sont les gens qui les propagent" précise-t-il. "Faire beaucoup de choses, voir beaucoup de gens, avoir beaucoup d'activités de travail et de rencontres facilite la propagation du virus".

Manchester passe en niveau d'alerte très élevée

La ville de Manchester, dans le nord-ouest de l'Angleterre, s'est vu imposer à partir de vendredi des restrictions drastiques contre le nouveau coronavirus, après plusieurs jours de bras de fer infructueux avec le gouvernement sur les contreparties économiques.

Pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie avec presque 44 000 morts, le Royaume-Uni réagit à la résurgence de contaminations de manière localisée, parfois au gré de tensions entre Londres et les collectivités locales.

Le gouvernement conservateur a instauré la semaine dernière un système d'alerte à trois niveaux pour l'Angleterre, "moyen", "élevé" et "très élevé".

"Compte tenu de la situation sanitaire, je me dois de faire passer la région de Manchester en niveau d'alerte "très élevé", a déclaré lors d'une conférence de presse le Premier ministre Boris Johnson, à l'issue d'une semaine de conflit avec le maire de Manchester, dans une région avec une forte population défavorisée qui se sent souvent délaissée voire méprisée par Londres.

"Les pubs et les bars doivent fermer, sauf s'ils servent des repas substantiels. Les foyers ne doivent pas recevoir de monde à l'intérieur, comme c'est le cas dans la plupart des endroits en plein air. Dans certains espaces publics extérieurs, les regroupement doivent se limiter à six personnes et nous déconseillons fortement les déplacements dans et hors de la zone" a-t-il souligné.

L'élu local, Andy Burnham, résistait à cette mesure sans accompagnement financier supplémentaire pour les entreprises, puisque ce dernier échelon implique entre autres la fermeture des bars et pubs ne servant pas à manger. Des membres de différents foyers ne pourront plus se rencontrer, à de très rares exceptions et les déplacements en direction de cette zone ou pour en sortir seront déconseillés. Mais les discussions n'ont pas abouti avant mardi midi, limite fixée par Londres pour trouver un compromis avec la ville, qui représente avec sa périphérie 2,8 millions d'habitants.

Boris Johnson a annoncé débloquer 22 millions de livres d'aide (soit 24 millions d'euros), soit environ le tiers de ce que le maire jugeait indispensable et bien moins que ce que le gouvernement avait proposé en compromis, selon la presse. "À aucun moment aujourd'hui on ne nous a proposé assez pour protéger les plus pauvres face à la réalité pénible de l'hiver qui s'annonce", a réagi lors d'une conférence de presse M. Burnham, visiblement ému. Selon lui, de nouvelles restrictions "augmenteront la pauvreté", alors que de nombreuses "entreprises sont déjà sur le point de fermer". Il a malgré tout demandé à ses administrés de "respecter la loi à tout moment".

Downing street avait prévenu que le gouvernement passerait en force faute de compromis, soulignant que dans la région, les "hospitalisations doublent tous les neuf jours". Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a lui dénoncé "l'échec du gouvernement" et "le mépris avec lequel les conservateurs ont traité les communautés locales, en particulier dans les Midlands, le Nord-Ouest et le Nord-Est". "Le Labour reconnait la nécessité d'adopter des restrictions plus strictes, mais cela doit cependant s'accompagner d'un soutien financier supplémentaire", a-t-il ajouté.

Dans toute l'Angleterre, les réunions à plus de six personnes sont interdites et les pubs et restaurants doivent fermer à 22H00 GMT mais environ la moitié de la population, dont Londres, vit désormais sous des restrictions locales plus strictes.

Le Pays de Galles a lui décidé d'imposer un confinement général de deux semaines à partir de vendredi, certaines classes reprenant cependant la deuxième semaine.

L'Espagne envisage un couvre-feu national

Le gouvernement espagnol s'est dit prêt mardi à discuter avec l'opposition de l'imposition d'un couvre-feu pour freiner la hausse des cas de Covid-19, une mesure que pourrait solliciter la région de Madrid, durement touchée par la pandémie.

Alors que le taux d'incidence dépasse 300 cas pour 100 000 habitants dans la plupart des régions du pays, c'est une option que "nous allons analyser avec Madrid et avec les autres régions" du pays, compétentes en matière de santé publique, a déclaré le ministre de la Santé Salvador Illa lors d'une conférence de presse.

La France, la Belgique, la Slovénie et certaines régions italiennes ont annoncé ces derniers jours la mise en place de couvre-feux nocturnes afin de contraindre la population à réduire son activité sociale et freiner ainsi le rythme des contagions.

Mais en Espagne, cette décision est compliquée à prendre d'un point de vue juridique, la santé publique relevant de l'autorité des régions.

M. Illa a ainsi estimé qu'un couvre-feu nécessiterait la proclamation préalable de "l'état d'alerte", régime d'exception qui équivaut à un état d'urgence sanitaire.

Or, le maintien au-delà de 15 jours de l'état d'alerte nécessite l'approbation du Parlement, au sein duquel le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez ne dispose pas de la majorité absolue.

Le Parti populaire (PP, opposition de droite), très critique de l'état d'alerte actuellement en vigueur à Madrid, devrait donc faire savoir "s'il est prêt à s'engager à soutenir" cette mesure, a estimé M. Illa.

Le ministre réagissait à des propos du gouvernement régional de Madrid, dirigé par le PP, qui avait évoqué dans la matinée la possibilité d'un couvre-feu lorsque l'état d'alerte sera levé samedi dans la capitale .

Mais "il faudrait que ce soit une décision du gouvernement central", avait précisé le responsable régional de la Santé, Enrique Ruiz Escudero.

Le gouvernement Sanchez a décrété le 9 octobre l'état d'alerte dans la région de Madrid pour une durée de 15 jours, afin d'imposer un bouclage partiel de la capitale et de communes voisines.

M. Illa a confirmé que le gouvernement de Pedro Sanchez n'essaierait pas de prolonger l'état d'alerte dans la région de Madrid au-delà de samedi.

Outre la capitale, plusieurs régions espagnoles ont durci ces derniers jours les mesures contre la pandémie.

Le ministre de la Santé a également annoncé l'achat par l'Espagne de 31,5 millions de doses de vaccins dans le cadre d'un accord européen avec la société pharmaceutique AstraZeneca, précisant qu'elles pourraient être livrées à partir de décembre "s'il n'y a pas de retards".