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Haut-Karabakh : Stepanakert enterre ses morts

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Haut-Karabakh : Stepanakert enterre ses morts
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L'exode se poursuit pour de nombreux Arméniens dans le Haut-Karabakh. Une semaine après la signature d'un cessez-le-feu décrié, beaucoup plient bagage emportant avec eux le strict nécessaire. L'accord supervisé par la Russie prévoit la restitution à l'Azerbaïdjan de plusieurs zones dont le district de Kalbajar. Et pour l'heure, c'est par ici que passe la seule voie d'accès possible pour rejoindre l'Arménie.

Une ville symbolise plus que tout autre la détresse et l'incertitude dans lesquelles sont plongées les Arméniens de la région : Stepanakert, appelée Khankendi en Azéri. La ville est considérée par les Arméniens comme la capitale du Haut-Karabakh. Défigurée par les roquettes, elle s'est vidée de ses quelques 55 000 habitants. Ces derniers ont d'abord fui les bombardements, puis un ordre d'évacuation générale a été donné peu avant la signature du cessez-le-feu. Tous ne l'ont pas respecté.

A l'image de cette habitante interrogée par notre journaliste dans un immeuble éventré.

"Etes-vous restée tout le temps ici ?

- Dans quel autre endroit pourrais-je être ?, répond-elle. Je suis chez moi ici. Personne ne peut rien me dire".

L'Arménie a reconnu avoir perdu plus de 2300 soldats dans le conflit. Un lourd bilan qui représente près du double des pertes précédemment annoncées par Erevan. Des morts qui viennent rejoindre ceux des précédents conflits.

Selon l'accord de cessez-le-feu, Stepanakert ne sera pas donné à l'Azerbaïdjan mais elle sera sous contrôle russe, isolée dans une région encerclée par des territoires soit conquis durant la guerre, soit restitués ces prochaines semaines à l’Azerbaïdjan.

La décision, il y a une semaine de stopper les combats a été difficile à accepter. Beaucoup croyaient une victoire encore possible, comme ce sergent de l'armée arménienne, Levon Gevorgyan. "Nous aurions pu gagner. Nous avions juste besoin d'aide, de soutien. Les gens de cette petite ville se battaient contre l'Azerbaïdjan, contre la Turquie et les terroristes venus de différents pays", explique-t-il.

Désormais les autorités appellent les habitants à revenir dans la ville. Mais tous les commerces sont encore fermés et ce retour s'annonce douloureux et incertain.

"44 jours de violence incessante ont laissé de nouvelles cicatrices dans une ville qui avait déjà beaucoup souffert. La question qui se pose maintenant pour beaucoup à Stepanakert et ailleurs dans la région est de savoir quelle sorte de normalité cette trêve apportera. Et combien de temps elle va durer", conclut notre reporter sur place Anelise Borges.

Journaliste • Anne Devineaux