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L'accueil des migrants en question sur les îles Canaries

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Migrants débarquant aux Canaries, 20 octobre 2020
Migrants débarquant aux Canaries, 20 octobre 2020   -   Tous droits réservés  Javier Bauluz/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved.
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Un autre navire de sauvetage arrive dans le port d'Arguineguin, aux îles Canaries. Ce n'est pas le premier, et ce ne sera pas le dernier. Plus de 15 000 migrants sont arrivés sur ces îles espagnoles depuis le début de l'année. Amarrées au quai, se trouvent les "pateras", des embarcations de bois précaires sur lesquelles ils bravent l'océan Atlantique pour atteindre la porte sud de l'Europe.

Cachés à l'abri des regards des médias, des centaines de migrants reçoivent les premiers soins, sur un quai où pas un seul mètre carré ne reste vide.

Les médias sont tenus à distance : "c'est le plus près que nous puissions approcher, là-bas sur ce quai arrivent donc quotidiennement des centaines de migrants. Ils dorment dans ces tentes blanches qui sont maintenant complètement surpeuplées. On nous a rapporté qu'ils dorment à même le sol, se couvrant de couvertures ou de cartons pour se protéger du soleil. Jusqu'à 2 000 personnes sont restées bloquées sur cette jetée toute la journée. Mais le gouvernement cherche des solutions pour améliorer leurs conditions de vie" explique notre correspondant Jaime Velazquez.

4 000 ont été notamment envoyés dans des hôtels, des appartements. Beaucoup ont été testés positifs au Covid-19 et sont donc mis en quarantaine.

Une source de tension avec le secteur de l'hôtellerie qui estime maintenant qu'il faudrait que les Canaries accueille de nouveau des touristes et pas que des migrants. Car les îles espagnoles ont l'un des taux de contamination le plus faible au monde.

Tom Smulders, vice-président de la fédération hôtelière des Canaries, explique :

"Nous sommes venus à la rescousse, car il y avait beaucoup de migrants, sans toit, sans rien... Mais maintenant, il est de nouveau temps d'occuper nos lits avec des touristes."

La situation créé des tensions sur l'île, entre ceux qui réclament de meilleures conditions pour les migrants et ceux qui pensent que la situation devient insupportable. Certains pensent même que les autorités veulent dissimuler des choses.

Aaron Rida, habitant d'Arguineguin :

"Le fait que vous ne puissiez pas le voir, ne signifie pas que cela ne se passe pas. Des voisins du quai sont ici, et ces voisins peuvent voir de leurs yeux la tragédie, le drame que nous vivons dans cette ville".

Devant l'hôtel où il est logé, Oussama se souvient du voyage qui l'a amené en Europe à la recherche d'une vie meilleure :

"J'ai vu la mort en mer. J'ai passé quatre nuits en mer. Les vagues passaient par-dessus dans la patera... Je n'en pouvais plus. . . Nous cherchons une autre vie. Je veux juste aller en Espagne pour continuer ma vie."

Pendant ce temps, au port d'Arguineguin, des centaines de migrants, porteurs de rêves, rescapés d'un cauchemar, continuent d'arriver à bord de ces bateaux orange. Mais bientôt, il n'y aura plus de chambre.