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Les appels à la démission de Nikol Pachinian perdurent, le Premier ministre arménien n'y répond pas

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Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s'adressant au parlement à Erevan, 16 novembre 2020
Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s'adressant au parlement à Erevan, 16 novembre 2020   -   Tous droits réservés  Tigran Mehrabyan/Armenian Prime Minister Press Service/PAN Photo
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Le Premier ministre arménien est toujours appelé à démissionner et à organiser de nouvelles élections après l'accord de cessez-le-feu au Haut-Karabakh, vu comme une défaite cuisante par les 17 partis de l'opposition. Hier encore, tous s'étaient réunis dans la capitale Erevan :

Gegham Manukyan du parti de la Fédération Révolutionnaire Arménienne, haranguait ainsi la foule :

"Pour le bien de notre pays, pour le bien de notre dignité, pour le bien de ce peuple, partez simplement...".

Pour beaucoup ici, le premier ministre Nikol Pachinian a capitulé en acceptant un accord de cessez-le-feu avec l'Azerbaïdjan qui fera perdre à l'Arménie une partie importante du Haut-Karabakh et des districts adjacents qu'elle occupait depuis trois décennies.

"Ils ont menti aux gens en disant que nous étions en train de gagner, que nous avions le contrôle de la situation... Et ce n'est que ces derniers jours qu'il est devenu clair que tous ces territoires avaient été abandonnés, puis ils ont atteint Chouchi et la ville s'est rendue. Nous avons le sentiment que c'est une trahison", explique Varuzhan Sahakyan, un habitant d'Erevan.

Ce lundi, Nikol Pachinian a fait sa première apparition publique depuis l'annonce du cessez-le-feu la semaine dernière. Il s'est adressé au parlement. La session spéciale a été diffusée en direct sur Facebook pour tenter d'atteindre tous les élus et le reste du pays. Il a défendu son accord expliquant que c'était la seule option pour l'Arménie.

Pour certains, l'accord de cessez-le-feu a tout de même été une "bonne nouvelle".

Avec l'arrêt des combats, de nombreuses personnes déplacées hébergées ici à Erevan ont commencé à penser à rentrer chez elles et à reconstruire.

Karina Mkrtchyan fait partie de ceux-là. Sa maison familiale à Martakert restera sous contrôle arménien près de la nouvelle frontière avec l'Azerbaïdjan.

Elle dit qu'elle est impatiente de reprendre le cours de sa vie, mais qu'il lui sera impossible de coexister en paix avec ses nouveaux voisins :

"Mon frère est mort le 13 octobre et c'était mon seul frère. Nous ne sommes même pas allés sur sa tombe. Personne ne voudrait vivre à côté d'un ennemi qui..., c'est tout. "

Cette dernière guerre pour le Haut-Karabakh n'est que le dernier épisode d'un conflit qui dure depuis des décennies et qui a alimenté le discours politique des deux pays.

Pour les Arméniens, c'est une perte énorme que beaucoup espèrent pouvoir un jour compenser.