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2 371 soldats arméniens tués, le deuil des familles

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Cimetière militaire à Erevan, 15 novembre 2020
Cimetière militaire à Erevan, 15 novembre 2020   -   Tous droits réservés  Euronews / Anelise Borges
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La guerre entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan a coûté la vie à 2 371 soldats arméniens selon les derniers chiffres du gouvernement. L'Azerbaïdjan n'a pas révélé le nombre de ses victimes militaires.

Au principal cimetière militaire d'Erevan, les fossoyeurs sont débordés :

"Dès le début (de la guerre), funérailles, commémorations et autres événements se sont enchaînés. C'est le bazar".

Artak Yenoqyan fait partie des victimes qui ont récemment rejoint cette triste parcelle de terre.

Il n'avait que 20 ans, sa mère Naira Balayan, lui rend hommage :

"Brave, courageux. Déterminé. Il a toujours tenu ses promesses. Et il était fort."

Pour les vaincus, le deuil est particulièrement amer.

"Je suis contre la guerre en général. Je pense qu'elle aurait dû être arrêtée dès le début.Ils (les politiciens) auraient dû faire de leur mieux pour arrêter la guerre. Ils ont étudié la diplomatie, la politique pour pouvoir gérer ce genre de situation" explique encore Naira.

Dans un bureau du ministère de la défense du pays, l'afflux de familles à la recherche de leurs proches disparus est constant. Le nombre de morts pourrait être sensiblement plus élevé.

"Nous ne perdons pas espoir. Tant que nous n'aurons pas certaines informations" explique un homme au micro de notre reporter Anelise Borges.

Zaruhi Ayvazyan recherche son fils dont elle n'a pas eu de nouvelles depuis près d'un mois.

"Il a servi pendant un an et quatre mois et aurait dû revenir en juin."

Elle blâme l'élite politique arménienne pour le sort de son enfant :

"Si les oligarques ne volaient pas ce pays depuis 30 ans, s'ils achetaient des armes et donnaient du pouvoir à notre pays, nos enfants ne mourraient pas."

Il faudra un certain temps avant que les Arméniens ne puissent guérir des pertes qui leur ont été infligées par ce nouveau conflit. Peut-être aussi longtemps qu'aux Azéris pour se remettre de leurs blessures, si jamais les deux peuples s'en remettent. Ces affrontements tragiques s'enchaînent, semblant sans fin, le triomphe ne pouvant être obtenu que par la capitulation de l'autre partie.

Le mot de la fin est pour Naira Balayan, mère du soldat tombé au combat, Artak Yenoqyan :

"Je pense que c'est un gâchis que mon fils ait été tué. Mais je ne dirais jamais ça parce qu'il devient un saint pour moi. Parce qu'il est mort pour sa mère patrie".