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L'opposition arménienne réclame le départ du Premier ministre

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L'opposition arménienne réclame le départ du Premier ministre
Tous droits réservés  Hrant Khachatryan/PAN Photo
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Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche dans le centre d'Erevan pour réclamer la démission du Premier ministre Nikol Pachinian, critiqué pour avoir accepté le cessez-le feu consacrant la victoire de l'Azerbaïdjan après six semaines de guerre dans le Haut-Karabakh.

Plus de 10 000 personnes se sont rassemblées au courant de l'après-midi, selon des journalistes de l'AFP sur place, tandis que les manifestants continuaient d'affluer, tenant des pancartes "Nikol le traître" et scandant "Nikol, va-t-en".

Il s'agit du plus important rassemblement d'opposition depuis le début de la contestation visant le Premier ministre. La manifestation s'est déroulée dans le calme. Le cortège s'est arrêté aux portes des résidences où vivent des figures du gouvernement ainsi que le Premier ministre, avant de se disperser.

L'accord signé entre Bakou et Erevan sous patronage russe le 9 novembre a accordé d'importants gains territoriaux à l'Azerbaïdjan et est jugé catastrophique par de nombreux Arméniens, qui réclament depuis la démission de M. Pachinian.

Le prêtre du monastère arménien de Dadivank présent au rassemblement

Dans la foule, l'on apercevait samedi des drapeaux de l'Arménie et de la République d'Artsakh (Haut-Karabakh), tandis que certains brandissaient des photos des soldats morts au front.

"Nikol est un cadavre politique. Je n'ai pas l'intention de suivre un cadavre dans sa tombe", a déclaré à l'AFP Mania Khachatrian, 49 ans. "A cause de lui notre patrie, notre peuple ont reçu des blessures telles qu'il faudra plusieurs générations pour les guérir", a-t-elle ajouté.

Le prêtre du célèbre monastère arménien de Dadivank, situé dans une zone rétrocédée à l'Azerbaïdjan était également présent. Le complexe religieux, qui reste toutefois sous protection russe, est revendiqué par Bakou, qui refuse de reconnaître le caractère arménien du site.

Poutine a apporté son soutien à Nikol Pachinian

Le candidat désigné par l'opposition au poste de Premier ministre, Vasgen Manoukian, a affirmé que Nikol Pachinian devait partir "au plus vite" pour changer la situation du pays. En vertu de l'accord du 9 novembre, l'Arménie s'est engagée à rétrocéder trois districts -- Latchin, Kalbajar et Aghdam -- qui échappaient au contrôle de l'Azerbaïdjan depuis 1994.

Ces districts faisaient partie d'une zone tampon autour du Haut-Karabakh, région montagneuse peuplée majoritairement d'Arméniens qui a fait sécession de l'Azerbaïdjan à l'issue d'une guerre dans les années 1990.

L'accord a néanmoins permis la survie du Haut-Karabakh, amoindri, et vu le déploiement de 2 000 soldats russes de maintien de la paix chargés notamment d'assurer la sécurité du corridor de Latchin, devenu l'unique route reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie.

Vladimir Poutine a apporté mercredi son soutien à Nikol Pachinian, saluant son "courage" face à une "décision très difficile mais nécessaire".

Dans une adresse télévisée samedi, Nikol Pachinian a déclaré ne pas avoir l'intention de démissionner, affirmant que la priorité du gouvernement était désormais d'organiser le retour des prisonniers de guerre et des corps des victimes.

Maltraitances de prisonniers de guerre arméniens

Après un silence de plusieurs semaines, les autorités azerbaïdjanaises ont annoncé jeudi la mort de 2700 de leurs soldats pendant le conflit. Côté arménien, plus de 2 300 soldats et 50 civils sont morts.

Depuis la signature du cessez-le-feu, qui a mis fin à l'offensive de Bakou, des prisonniers de guerre arméniens ont fait l'objet de sévices physiques de la part de soldats azerbaïdjanais. Human Right Watch a condamné ces maltraitances et a appelé les autorités de Bakou à traduire les responsables en justice.

Faisant l'état de violences et d'humiliations documentées, l'ONG souligne que dans la plupart des vidéos, les visages des soldats azerbaïdjanais sont visibles, "ce qui suggère qu’ils ne craignaient pas d’être tenus pour responsables de tels actes".