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Brexit : Michel Barnier dit l'Union européenne prête à négocier au-delà du 1er janvier

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Brexit : Michel Barnier dit l'Union européenne prête à négocier au-delà du 1er janvier
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Alors qu'une cinquantaine de pays européens ont fermé leurs portes au Royaume-Uni, l'Union européenne veut garder la sienne ouverte. Alors que les négociations sur l'accord commercial post-Brexit achoppent toujours sur le dossier de la pêche, le négociateur en chef Michel Barnier a précisé que la porte des Européens restera ouverte "jusqu'à la fin de l'année et même au-delà".

Les Européens semblent donc décider à ne pas laisser le calendrier prendre le dessus sur tout. Car l'éventualité que l'accord régissant les relations post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ne soit trouvé avant le 31 décembre - date de la fin de la période de transition - est de plus en plus grande.

"Notre porte restera ouverte jusqu'à la fin de l'année et au-delà", a affirmé Michel Barnier aux représentants des Etats membres lors d'un point à Bruxelles sur l'état des discussions. "Nous sommes vraiment dans le moment crucial et nous donnons l'impulsion finale. Dans 10 jours, le Royaume-Uni quittera le marché unique et je continuerai à travailler en toute transparence avec le Parlement européen et les États membres", a-t-il également indiqué.

Les deux parties ne parviennent toujours pas à se mettre d'accord sur le partage des 650 millions d'euros de produits pêchés chaque année par l'UE dans les eaux britanniques et sur la durée de la période d'adaptation pour les pêcheurs européens. Les Européens ont rejeté mardi une offre des Britanniques jugée "inacceptable".

Bruxelles avait proposé de renoncer à environ 25% de ces 650 millions à l'issue d'une période de transition de six ans. Londres, qui entend récupérer le contrôle de ses eaux, proposait à l'UE de renoncer à 35% des espèces non-pélagiques (pêchées en haute mer), mais à 60% de ses prises en incluant les espèces pélagiques, le tout sur une période de 3 ans, selon une source européenne.

A 8 jours de la sortie définitive du Royaume-Uni après un an de transition, plusieurs scénarios restent possibles : soit un accord est trouvé avant Noël et sera ratifié a posteriori par le Parlement européen, (un accord peut est aussi trouvé d'ici à la fin de l'année et entrer en application après quelques jours de retard) soit c'est le scénario du no-deal : la date du 31 décembre est dépassée et les échanges entre le Royaume-Uni et l'Union européenne sont à alors à nouveau régies par les règles de l'OMC, ce qui signifie retour de quotas et de droits de douanes.

Mais Boris Johnson reste inflexible : le premier ministre britannique juge que le Royaume-Uni doit retrouver sa souveraineté coûte que coûte et il assure que le pays saurait faire face à un no-deal. Alors s'agit-il d'un coup de bluff ? Certains économistes jugent qu'un no-deal serait surtout un autre coup dur pour l'économie britannique, déjà confronté à la pandémie de Covid-19.

A quelques jours de la date-butoir, les estimations parlent d'elles-mêmes : un no-deal entraînerait une perte de PIB pour l'UE de 0,75% d'ici à fin 2022. Côté britannique, la perte serait quatre fois plus importante, de 3%.Certes, le coût de la pandémie aide à relativiser l'impact du Brexit: en 2020, le PIB de la zone euro devrait reculer de 7,8%, celui du Royaume-Uni de 11,3%.

"Cette pandémie rend le choc du Brexit presque supportable alors qu'il y a quelques mois on voyait vraiment un cataclysme", souligne Jean-Luc Proutat, économiste chez BNP Paribas.