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Donald Trump face à un "impeachment" historique, une semaine après l'assaut du Capitole

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Par Euronews avec AFP
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Donald Trump à Alamo, Texas. le 12 janvier 2021.
Donald Trump à Alamo, Texas. le 12 janvier 2021.   -   Tous droits réservés  Delcia Lopez/AP
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Donald Trump au pied du mur, et plus précisément, au pied de son mur anti-immigration, à la frontière entre le Texas et le Mexique. C'est là qu'il a choisi de se rendre mardi pour son premier déplacement depuis les violences du capitole la semaine dernière, qui ont fait 5 morts et de nombreux blessés.

Il a tenté d'adopter une posture moins agressive que la semaine dernière, évoquant le temps "de la paix et du calme". Il a aussi essayé de réduire la procédure le visant à une manœuvre des démocrates, une nouvelle "chasse aux sorcières".

Le canular de mise en accusation est la continuation de la plus grande et de la plus vicieuse chasse aux sorcières de l'histoire de notre pays. Et elle provoque une colère, une division et une douleur énormes, très dangereuses pour le pays, en particulier dans cette période très tendue.
Donald Trump
président sortant des Etats-Unis

"Avant de commencer, je voudrais dire que la liberté d'expression est plus que jamais attaquée", a estimé le président sortant, alors que YouTube a suspendu temporairement sa chaîne mardi soir et supprimé une vidéo en affirmant qu'elle enfreignait ses règles sur l'incitation à la violence. Twitter avait fermé définitivement son compte la semaine dernière.

C'était aussi l'occasion pour le président de revenir sur le recours des démocrates au 25e amendement, pour le déclarer inapte à exercer ses fonctions et ainsi le démettre.

Le 25e amendement ne présente aucun risque pour moi, mais il reviendra hanter Joe Biden et son administration. Comme le dit l'expression, faites attention à ce que vous demandez.
Donald Trump
président sortant des Etats-Unis

Mike Pence refuse d'invoquer le 25e amendement

Le vice-président Mike Pence a en effet annoncé mardi soir qu'il excluait de recourir au 25e amendement. "Je ne crois pas que cela soit dans l’intérêt de notre pays ou en accord avec notre Constitution", a-t-il déclaré dans une lettre à la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Mais les démocrates n'ont pas dit leur dernier mot. Ils doivent lancer ce mercredi une procédure de mise en accusation, ouimpeachment, pour « incitation à l’insurrection » . Au moins cinq élus républicains de la chambre des représentants ont annoncé qu'ils voteraient en faveur de cette procédure. Parmi eux, Liz Cheney, l'une des chefs de la minorité républicaine à la Chambre et fille de l'ancien vice-président américain. "Rien de tout cela ne serait arrivé sans le président", a-t-elle estimé dans un communiqué au vitriol. Si l'impeachment est voté, un procès devra s'ouvrir ensuite au Sénat.

Selon le New York Times, Mitch McConnell, président de la majorité républicaine au Sénat, aurait dit à ses proches qu'il voyait d'un bon oeil la mise en accusation initiée par les démocrates, jugeant que cela aiderait le parti républicain à tourner définitivement la page Trump.

La garde nationale déployée à Washington

En parallèle, l'enquête sur l'assaut du Capitole se poursuit. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, pour possession d'armes à feu, intrusion illégale, violences et vols.

"Hier, notre bureau a mis en place une force d'intervention composée de hauts responsables de la sécurité nationale et de procureurs spécialisé dans la corruption publique, a déclaré le procureur par intérim du district de Columbia, Michael Sherwin. Ils sont sous mes ordres pour monter des accusations de sédition et de conspiration liées aux actes odieux qui ont eu lieu au Capitole. Et ce sont des accusations importantes, avec des crimes passibles de peines de prison allant jusqu'à 20 ans."

Et pour éviter de nouvelles violences, la sécurité à Washington a été grandement renforcée, avec le déploiement de la Garde nationale. Mobilisés à l'origine pour offrir un soutien logistique à la police, ses membres ont commencé à porter des armes tard mardi, selon un photographe de l'AFP.

Le FBI a mis en garde contre de possibles manifestations armées des partisans de Donald Trump à Washington et dans de nombreux Etats, avant l'investiture du président élu Joe Biden le 20 janvier.