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Présidentielle au Portugal : l'extrême-droite fera-t-elle une percée ?

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Présidentielle au Portugal : l'extrême-droite fera-t-elle une percée ?
Tous droits réservés  Jose Targaryen, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
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La campagne pour la présidentielle au Portugal programmée ce dimanche 24 janvier touche à sa fin. Pour la première fois, elle a lieu dans un contexte d'état d'urgence. De nouveaux acteurs ont occupé la scène politique ces dernières semaines, en particulier André Ventura, leader du parti anti-système Chega ("ça suffit") qui affirme être "le seul candidat de droite" et espère affronter au second tour le sortant conservateur Marcelo Rebelo de Sousa. Son éventuelle percée pourrait être inédite alors que le Portugal semblait continuer d'échapper au populisme déjà bien implanté en Europe.

Près de Porto, lors d'un récent meeting "drive-in" pour cause de pandémie, André Ventura, candidat de Chega, a martelé une nouvelle fois, son discours anti-système et sécuritaire à l'approche de la présidentielle, une élection où ce parti d'extrême-droite joue son avenir selon son représentant à Porto.

"Chega peut autant devenir un succès politique qu'un échec patent," indique à euronews, José Lourenço, dirigeant de Chega à Porto avant d'ajouter : "Il peut avoir une ascension fulgurante, puis une chute vertigineuse. On le sait et c'est ce que l'on veut éviter," souligne-t-il.

Un parti raciste ?

Ce parti soutenu par Marine Le Pen du Rassemblement national qui a fait le déplacement à Lisbonne le 8 janvier dernier pour appuyer André Ventura se défend d'être raciste.

Du côté de SOS Racisme Portugal dont le leader Mamadou Ba dit avoir reçu une menace de mort qu'il nous a transmise, on affirme que Chega alimente le rejet de l'autre dans le pays.

"Chega, c'est le racisme et la xénophobie : l'un n'exclut pas l'autre, les deux sont presque siamois si je peux m'exprimer dans des termes médicaux," affirme Mamadou Ba, dirigeant de SOS Racisme Portugal. "Quand il y a de la xénophobie, il y a du racisme et inversement puisque ce sont des concepts qui s'appuient sur l'idée d'exclure une catégorie de personnes," fait-il remarquer.

1% de l'électorat ?

Mais quelles sont les chances de Chega dans cette élection ? Son score n'avait été que de 1,29 % aux dernières législatives d'octobre 2019, permettant malgré tout à son leader d'entrer au Parlement.

"On sait depuis un certain temps qu'il y a une insatisfaction latente qui n'a pas d'espace pour se faire entendre," déclare Carlos Jalali, analyste politique de l'Université d'Aveiro. "Aujourd'hui, avec Chega, elle commence à avoir un écho même si ce parti ne représente qu'1% de l'électorat aux législatives," dit-il. "A l'heure actuelle, il semble très improbable que Chega devienne une force politique dominante," estime-t-il. "Mais il sera intéressant de voir si les électeurs qui n'osent pas affirmer publiquement leur soutien à Chega ont un poids dans cette élection : c'est ce qui s'est passé lors de la présidentielle américaine," explique-t-il.

Les potentiels sympathisants invisibles de Chega iront-ils voter ce dimanche ? C'est la grande question. Autre défi dans cette élection : la pandémie actuelle qui pourrait influencer le choix des électeurs comme le taux de participation.

Journaliste • Pedro Sacadura