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Covid-19 : le Japon veut durcir ses mesures en envisageant la prison; doute sur les JO de Tokyo

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Par euronews avec AFP
Une femme dans les rues de Tokyo, le 20 janvier 2021
Une femme dans les rues de Tokyo, le 20 janvier 2021   -   Tous droits réservés  AP Photo/Eugene Hoshiko
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Le gouvernement japonais a approuvé vendredi deux projets de loi visant à renforcer l'efficacité des mesures restrictives pour lutter contre le coronavirus, qui permettraient, s'ils sont adoptés tels quels, d'infliger des amendes et même des peines de prison aux réfractaires.

Depuis début janvier, une partie du Japon, dont sa capitale, vit à l'heure de l'état d'urgence face à la forte recrudescence des cas de Covid-19. Mais, contrairement aux mesures prises dans d'autres pays, les appels des autorités à la population à limiter ses sorties et aux bars et restaurants à fermer plus tôt le soir ne sont pour l'instant assortis d'aucune sanction en cas de non-respect.

Le gouvernement nippon tente de trouver un équilibre entre les mesures contre le coronavirus et le maintien de l'activité économique, mais l'action perçue comme insuffisante du Premier ministre Yoshihide Suga face à la crise sanitaire est vivement critiquée et sa popularité s'est effondrée, selon de récents sondages.

Jusqu'à un an de prison

Les nouveaux projets de loi, dont M. Suga a appelé le Parlement à débattre "promptement", prévoient des peines d'emprisonnement allant jusqu'à un an pour les personnes testées positives mais refusant d'être hospitalisées, une mesure qualifiée d'"excessive" par l'opposition.

Ils fixent également des amendes allant jusqu'à 500 000 yens (près de 4 000 euros) pour les bars et restaurants refusant de fermer à 20h comme recommandé actuellement dans le cadre de l'état d'urgence.

Relativement épargné jusqu'ici par la pandémie comparé à beaucoup d'autres pays, avec quelque 4 700 morts recensés en un an, le Japon subit depuis novembre une nouvelle vague d'infections qui, selon des spécialistes, menace d'engorgement son système hospitalier.

Alors que les hôpitaux privés peuvent actuellement refuser des patients atteints du coronavirus, le nouveau projet de loi permettrait aux autorités locales d'accroître la pression sur eux en publiant leur nom.

Des Jeux olympiques annulés ?

Selon le journal britannique The Times, qui a cité jeudi une source au sein de la coalition au pouvoir au Japon, le gouvernement nippon aurait déjà secrètement acté l'impossibilité d'organiser les Jeux olympiques de Tokyo l'été prochain, du fait de la recrudescence mondiale du Covid-19, y compris au Japon.

Pour sauver la face, le gouvernement chercherait à s'assurer au préalable que Tokyo organise les JO de 2032, la prochaine édition disponible (après Paris 2024 et Los Angeles 2028), toujours selon le Times.

La semaine dernière, un ministre clé du gouvernement de M. Suga, Taro Kono, avait déjà exprimé une voix discordante en estimant qu'il ne fallait rien exclure pour les JO de Tokyo cette année.

Redoutant que l'événement n'aggrave encore la pandémie dans le pays, l'opinion publique japonaise est très majoritairement opposée actuellement à organiser les Jeux de Tokyo cet été, préconisant un nouveau report ou une annulation pure et simple, selon des sondages publiés ces derniers jours.

Démenti des organisateurs, les JO auront lieu aux dates prévues

Le Premier ministre japonais et les organisateurs des JO de Tokyo 2020 ont réaffirmé vendredi leur intention de les tenir cet été, du 23 juillet au 8 août.

"Je suis déterminé" à accueillir des Jeux olympiques "sûrs" à Tokyo, en signe de "victoire de l'humanité sur le nouveau coronavirus", a notamment déclaré le Premier ministre Yoshihide Suga lors d'une séance parlementaire.

Dans un communiqué, le comité d'organisation de Tokyo-2020 a aussi rappelé vendredi qu'il était "entièrement concentré" sur les préparatifs pour accueillir les Jeux cet été, à l'unisson avec le gouvernement japonais et la ville de Tokyo, le Comité international olympique (CIO) et le Comité international paralympique (CIP).