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La Cour suprême britannique refuse le retour de Shamima Begum au Royaume-Uni

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Par Euronews avec AFP
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Shamima Begum, dans le nord de la Syrie, fin février 2019
Shamima Begum, dans le nord de la Syrie, fin février 2019   -   Tous droits réservés  AFP
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La Cour suprême britannique a refusé vendredi le retour au Royaume-Uni de Shamima Begum, une jeune femme de 21 ans qui a rejoint en 2015 le groupe djihadiste Etat islamique en Syrie, pour pouvoir contester sa déchéance de nationalité.

Selon le jugement de la Cour, tant que Shamima Begum sera considérée comme représentant un danger, elle ne pourra rentrer au Royaume-Uni contester la déchéance de nationalité. "Ce n'est pas une solution parfaite car on ne sait pas combien de temps il faudra pour que ce soit possible, mais il n'y a pas de solution parfaite", a reconnu le président de la Cour Robert Reed.

Le magistrat estime qu'aucun élément n'a été apporté de la part du parquet ou de la police pour déterminer s'il est "possible ou approprié de s'assurer que Mme Begum soit arrêtée à son retour et inculpée". "On ne sait pas davantage si, en cas d'arrestation et d'inculpation, si elle resterait détenue, cela relève des tribunaux", a-t-il ajouté.

Alors âgée de 15 ans, Shamima Begum, avait quitté en 2015 avec deux amies le Royaume-Uni, où elle est née et a grandi, pour la Syrie. Sur place, elle a épousé un djihadiste de l'EI d'origine néerlandaise, de huit ans son aîné. Aujourd'hui détenue par les forces démocratiques syriennes dans le camp de Roj, elle veut revenir au Royaume-Uni pour demander à récupérer sa nationalité britannique, dont elle a été déchue en 2019.

"Droit à un procès équitable"

Engagée dans une complexe bataille judiciaire, Shamima Begum avait pourtant remporté à la mi-juillet une victoire d'étape : la cour d'appel de Londres avait estimé que revenir au Royaume-Uni constituait pour elle la seule "manière juste et équitable" de contester sa déchéance de nationalité.

Mais "le droit à un procès équitable ne l'emporte pas sur toutes les autres considérations, telles que la sécurité du public", a estimé vendredi la Cour suprême. Cette décision a été dénoncée par les associations de défense des droits humains. Selon Liberty, elle crée crée un "dangereux précédent" : "Le droit à un procès équitable protège chacun d'entre nous".

"On ne sert pas la sécurité nationale en sacrifiant les droits humains", a réagi Human Rights Watch. Pour Maya Foa, directrice de l'ONG Reprieve, le Royaume-Uni devrait rapatrier les familles britanniques pour que les enfants puissent "bénéficier de la prise en charge dont ils ont besoin et que les adultes soient poursuivis quand il y a des charges".

Après avoir fui les combats dans l'est du pays, Shamima Begum s'était retrouvée en février 2019 dans un camp de réfugiés syriens où elle a accouché d'un bébé, décédé quelques semaines après sa naissance. Ses deux premiers enfants, nés lorsqu'elle se trouvait en Syrie, sont morts eux aussi.

Dans une lettre aux ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères, quatre députés conservateurs (majorité) ont estimé que le Royaume-Uni ne devait pas se "laver les mains" du sort des 40 Britanniques détenus dans des camps pour djihadistes, selon le Daily Telegraph. Dans le quotidien conservateur, l'un des signataires, Andrew Mitchell, estime que "s'ils sont jugés à risque, il y a toutes les raisons qu'ils reviennent au Royaume-Uni où ils pourront être traités par le système pénal britannique".