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Essais nucléaires en Polynésie : la contamination "sous-évaluée"

Par Anne Devineaux avec AFP
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Atoll de Mururoa en Polynésie française
Atoll de Mururoa en Polynésie française   -   Tous droits réservés  FRANCOIS MORI/AP2009
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L'Etat français continue-t-il de mentir sur l'impact réel des essais nucléaires en Polynésie ? Oui, selon le média d'investigation en ligne Disclose.

Le média en ligne Disclose a enquêté durant deux ans en partenariat avec des chercheurs de l'Université de Princeton. Ses conclusions : les niveaux de contamination officiels des essais réalisés entre 1966 et 1996 restent largement sous-évalués.

Des milliers de pages de documents militaires, déclassifiés en 2013, ont été décortiquées. Les données ont été comparées avec celles publiées par le Commissariat à l'énergie atomique à l'origine des chiffres officiels (réévalués en 2006).

Pour le seul essai Centaure, tiré en juillet 1974, "environ 110 000 personnes ont été exposées à la radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l'époque", souligne Disclose.

Le spécialiste des questions nucléaires, Sébastien Philippe, enseignant-chercheur à l’université américaine de Princeton, est un des auteurs de l'enquête. "Nous avons trouvé des taux d’exposition 2 à 10 fois supérieurs aux chiffres officiels. Et aussi que 10 fois plus de personnes devraient avoir droit à des indemnisations", souligne-t-il.

L'enquête met notamment en avant un "cluster de cancers de la thyroïde" sur plusieurs îles. Jusqu'à aujourd'hui, seuls une soixantaine de civils polynésiens ont touché des indemnités, hors militaires et prestataires d'entreprises.