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"On veut rentrer en France" : l'appel des femmes de djihadistes retenues avec des enfants en Syrie

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Des Françaises, suspectées d'être des épouses de djihadistes, retenues dans un camp kurde en Syrie
Des Françaises, suspectées d'être des épouses de djihadistes, retenues dans un camp kurde en Syrie   -   Tous droits réservés  Delil Souleiman / AFP
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Elles avaient rejoint les rangs de l’État islamique et sont depuis retenues dans des camps kurdes dans le nord-est de la Syrie.

La France a rapatrié 35 orphelins

Plus de 80 femmes françaises, et avec elles 200 enfants, se retrouvent aujourd'hui prisonnières derrière ces grilles dans des conditions sanitaires jugée déplorables.

Ces femmes espèrent retourner chez elles en France où ont déjà été rapatriés 35 enfants, pour la plupart des orphelins. Mais Paris estime que les adultes doivent êtres jugés sur place ce que contestent des avocats et universitaires français. Ils viennent de saisir la Cour pénale internationale en demandant l'ouverture d'une enquête pour des "crimes de guerre" qui pourraient mettre en cause la responsabilité de l’Élysée.

Le sentiment d'être abandonnés par la France

Dans le camp, une femme accepte de se confier. Âgée de 36 ans, Émilie est retenue ici depuis 2017. Depuis que ses trois enfants ont été rapatriés en janvier, elle ne rêve que d'une chose : rentrer en France pour enfin les retrouver. Mais elle se sent abandonnée par son pays :

"Je voulais les revoir tellement vite que j'avais entamé une grève de la faim. Pendant huit jours, je ne me suis pas alimentée. Après je me suis dis, ça servait à rien parce que de toute manière, que je meurs ici ou pas, la France ne vient même pas et nous laisse ici."

Aujourd'hui, Émilie demande à la France de lui accorder une seconde chance. Évoquant ses "regrets", elle dit vouloir faire table rase du passé et se dit prête à reprendre ses études pour se réinsérer dans la société. Mais à son retour au pays, c'est la prison qui pourrait l'attendre.

"Ça fait quatre ans que je suis emprisonnée donc je pense que ça doit être pris en compte. Et je ne vois pas pourquoi j'irais en prison. Je trouve que c'est injuste, parce que je n'ai rien fait. Je n'ai pas de sang sur les mains, je n'ai pas bombardé, je n'ai pas tiré sur des gens, j'étais une femme au foyer, je m'occupais de ma maison et j'essayais surtout de survivre dans un pays qui était bombardé."

Je n'ai pas de sang sur les mains, je n'ai pas bombardé, je n'ai pas tiré sur des gens, j'étais une femme au foyer.
Emilie
Française, retenue en Syrie

Dans le camp de Roj vivrait en tout quelque 800 familles européennes, que la plupart des pays concernés refusent pour l’heure de reprendre.