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La bataille contre le Covid-19 au Brésil, en Argentine et au Chili

Par euronews avec AFP, AP
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La bataille contre le Covid-19 au Brésil, en Argentine et au Chili
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Au Brésil, les cimetières fonctionnent 24 heures sur 24... Et pour cause, depuis la mi-mars, entre 2 000 et 4 000 Brésiliens meurent chaque jour du Covid-19.

Mais le président Jair Bolsonaro a de nouveau écarté toute idée de confinement sanitaire à l'échelle nationale, il en a même fait une promesse hier lors d'un événement officiel à Chapeco.

Il continue d'affirmer que les dommages économiques que causerait un confinement seraient pires que les effets du virus, et il n'aidera par les autorités locales qui le veulent à imposer des restrictions sanitaires :

"Il n'y aura pas de confinement national. Certains osent dire que l'armée devrait aider certains gouverneurs dans leurs mesures restrictives. Notre armée brésilienne n'ira pas dans la rue pour garder les gens à l'intérieur de leurs maisons."

Pourtant l'institut de référence en santé publique Fiocruz a averti dans un rapport publié mardi soir que le confinement était "absolument nécessaire" pour faire face à la saturation des hôpitaux, qui se trouvent dans une situation "critique" dans 24 des 27 Etats du pays.

"La circulation du virus demeure intense dans tout le pays et la situation pourrait rester critique tout au long du mois d'avril", explique le rapport.

Le Brésil est le deuxième pays au monde où le Covid-19 a fait le plus de morts, après les Etats-Unis, avec 336 947 décès depuis le début de la pandémie.

En mars, le Brésil a connu une hécatombe, avec plus de 66 000 vies fauchées par le virus, près du double de juillet, le pire mois de l'an dernier et déjà 15 000 morts sur les six premiers jours d'avril.

Les scientifiques ont détecté 92 variants du coronavirus dans le pays, dont le P.1, ou variant brésilien, qui serait beaucoup plus contagieux. Les vaccins sont encore efficaces, mais le variant frappe des groupes d'âge plus jeunes.

Carissa Etienne, directrice de l'Organisation panaméricaine de la santé, résume la situation en Amérique : "La semaine dernière, nous avons enregistré plus d'un million 300 000 nouveaux cas positifs dans notre région et plus de 37 000 décès. En fait, plus de la moitié de tous les décès à l'échelle mondiale signalés au cours de la semaine dernière se sont produits dans les Amériques."

En Argentine, le président Alberto Fernandez vient d'être testé positif au virus alors qu'il avait déjà été vacciné.

Face à un nouveau record de contamination ces dernières 24h, il a annoncé, pour la première fois depuis le début de la pandémie, la mise en place d'un couvre-feu nocturne dès ce vendredi soir pour les trois prochaines semaines dans les centres urbains, en particulier à Buenos Aires et sa périphérie, où vivent un tiers des 45 millions d'Argentins.

"L'Argentine est entrée dans la seconde vague" de l'épidémie, a déclaré le président Fernandez.

Outre l'interdiction nocturne de circuler, les bars et restaurants devront fermer à 23h00, une heure avant le début du couvre-feu. Les activités sociales dans les domiciles particuliers et les réunions de plus de 20 personnes à l'air libre dans l'espace public seront interdites.

Les salles de jeux, les discothèques et les lieux festifs seront fermés. Sont également suspendues les activités sportives et récréatives de plus de 10 personnes dans des espaces fermés.

En revanche, les écoles resteront ouvertes. Les transports en commun seront réservés aux travailleurs essentiels et à la communauté éducative.

L'Argentine a enregistré mercredi un second record consécutif de nouveaux cas, avec 22 039 unités lors des dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé, après 20 870 la veille. Le total s'élève à plus de 2,45 millions. Au cours de la même période de 24 heures, le pays a déploré 199 nouveaux décès, qui portent le bilan total à 56 832 morts.

Au Chili, les autorités viennent d'approuver en urgence un quatrième vaccin, le Chinois CanSino Biologics, car malgré le meilleur taux de vaccination d'Amérique latine, près de 90% de la population est à nouveau confinée depuis dix jours.

Les contaminations sont en effet repartis à la hausse, 8 000 par jour. Il faut dire que le pays avait rouvert ses frontières, autorisé les gens à partir en vacances d'été, et omis d'imposer des contrôles stricts aux personnes entrant dans le pays.

Le Mexique a déjà approuvé le CanSino, tout comme la Hongrie dans l'Union européenne.