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Espace : guerre (judiciaire) des étoiles entre Blue Origin, SpaceX et la Nasa

La Lune, vue depuis Les Philippines le 27 avril 2021
La Lune, vue depuis Les Philippines le 27 avril 2021   -   Tous droits réservés  AP Photo/Aaron Favila
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Le retour de l'Homme sur la Lune, prévu en théorie en 2024, va-t-il pâtir d'une bataille dans une salle d'audience ? En effet, Jeff Bezos n'a vraiment pas apprécié le choix de la Nasa pour construire le futur HLS (Human Landing System), soit l'engin d'alunissage qui permettra à deux astronautes de (re)fouler le sol de notre satellite.

Jeff Bezos, milliardaire aux multiples casquettes, s'est lancé dans la conquête des étoiles comme un autre milliardaire... Elon Musk. La compagnie du premier, Blue Origin, a donc déposé une plainte pour protester contre la décision de l'Agence spatiale américaine de choisir la firme du second, SpaceX.

En effet, le choix de la Nasa s'était porté, il y a moins d'une semaine, sur le module habité développé dans le cadre du programme Starship de SpaceX. A la clé, un contrat doté de 2,9 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) que Blue Origin, associée pour l'occasion à trois grands noms de l'aérospatiale (Lockheed Martin, Northrop Grumman et Draper) n'a donc pas remporté.

Pour motiver sa plainte, Blue Origin, indique que "la Nasa a réalisé une acquisition défectueuse pour son programme d'engin d'alunissage" et "changé les règles du jeu au dernier moment". Cette "décision élimine la possibilité de concurrence (...) et ne fait pas que retarder, mais aussi compromettre le retour de l'Amérique sur la Lune" selon la firme de Bezos.

Les avocats de Blue Origin ont ainsi transmis le 26 avril un document de plus de 150 pages à l'agence du Congrès américain en charge du contrôle des comptes publics du budget fédéral, la Government Accountability Office (GAO).

Dans les faits, Blue Origin reproche, notamment, à la Nasa de créer "un monopole potentiel pour toutes les futures missions d'exploration" et d'avoir "fait du prix le facteur le plus important" à cause de coupes "perçues" dans les budgets.

En outre, Blue Origin pointe également du doigt le développement de la fusée Starship, dont "le développement est notoirement difficile". La compagnie d'Elon Musk a effectivement essuyé plusieurs échecs dans lors d'essais conduits depuis la base de Boca Chica au Texas. Plusieurs lanceurs ont explosé après avoir décollé. Et le fameux module HLS sera théoriquement mis en orbite par l'une de ces fusées, lorsqu'elles seront opérationnelles.

Elon Musk, lui, a pris cette plainte à la rigolade. Le patron de SpaceX, en régissant à un tweet d'un journaliste du New York Times qui avait été le premier à sortir l'affaire, s'est fendu d'un jeu de mots un peu salace que l'on pourrait traduire par "Il (Bezos, ndlr) n'arrive pas à s'envoyer en l'air (en orbite)", Musk se moquant du fait que Blue Origin n'a pas encore réalisé de vol orbital.

De juillet 1969 à décembre 1972, seuls 12 hommes, tous américains, ont mis les pieds sur la Lune. Depuis, plus rien. Mais l'Homme devrait de nouveau remettre les pieds sur le sol de notre satellite, selon la volonté de l'ancien président américain, Donald Trump. Ce programme spatial, baptisé Artemis, a été confirmé par le nouveau locataire de la Maison Blanche, Joe Biden.

La Nasa sous-traite de nombreux aspects de ce programme, comme l'appel d'offres remporté par SpaceX pour le HLS, par des entreprises privées. Toutefois, l'horizon 2024 qui avait été précédemment fixé semble s'éloigner.