Le regard de l’Ecosse vers l’Union européenne

La question de l’indépendance écossaise fait son retour. La victoire jeudi dernier des indépendantistes lors des élections parlementaires locales annonce une nouvelle bataille avec Londres. Pour le gouvernement britannique un nouveau référendum est hors de question.
Le Parti national écossais de la Première ministre devrait cependant pouvoir compter sur les Verts écossais favorables eux aussi au divorce et à un éventuel retour dans l’Union européenne. Pour Kirsty Hughes, directrice du Centre écossais des relations européennes, cette candidature disposerait d’atouts pour aller vite. "Si le oui l’emporte lors d’un référendum, alors je pense qu’au cours des cinq années suivantes l’Ecosse sera très proche des réglementations de l’Union européenne puisqu’elle a connu presque un demi-siècle d’expérience au sein de l’UE", explique-t-elle.
Maintenir cet alignement sur la législation de l’Union dépendra beaucoup de la volonté des autorités britanniques de s’écarter ou non de son partenaire européen. Une éventuelle adhésion écossaise signifierait cependant une frontière en Grande-Bretagne avec d’un côté un pays membre et de l’autre un Etat hors du projet commun.
Empêcher un précédent
L’UE a aussi son mot à dire comme dans le cas de chaque candidature d’adhésion. Cette décision doit obtenir l’aval de tous les Etats membres. Or certains pays comme l’Espagne sont aussi confrontés à des mouvements indépendantistes. Il n’est pas question pour ces capitales de créer un précédent qui pourrait se retourner contre elles.
Kirsty Hughes assure cependant que le cas écossais serait bien différent et devrait convaincre les plus sceptiques. "L’Espagne approuverait une demande d’adhésion si le processus d’indépendance est légal et constitutionnel. Pour l’Espagne et pour les Etats membres de l’UE cela signifierait que Londres et Edimbourg se seraient entendus", précise-t-elle.
La question des finances publiques pourrait poser problème à une éventuelle candidature écossaise. En cas d’indépendance Edimbourg risquerait de commencer sa nouvelle existence avec un déficit supérieur aux règles autorisées par l’UE. Pour l’instant les 27 préfèrent observer les débats outre-Manche. Mais dans un avenir proche, les institutions européennes pourraient être appelées à rompre ce silence.